RMC

"Quand on étrangle quelqu'un comme ça, c'est pour donner la mort": les aveux glaçants de Jonathann Daval

Lors de son interrogatoire, Jonathann Daval a reconnu avoir violemment frappé et étranglé son épouse Alexia. Et a révélé les faits.

La famille Fouillot attendait un geste, une parole, des aveux. Ils l'ont eu au 4ème jour du procès sur la mort d'Alexia. Jonathann Daval a ainsi reconnu jeudi devant les assises de la Haute-Saône avoir voulu "donner la mort" à son épouse, à la reprise de son interrogatoire interrompu par un malaise la veille au soir.

"Quoi qu'il en soit, je lui ai donné la mort, oui, quand on étrangle quelqu'un comme ça c'est pour donner la mort", a-t-il répondu au président de la cour Matthieu Husson. "C'est donc la mort que vous vouliez?", a insisté le président. "Ben oui", a lâché l'accusé.

"La colère de toutes ces années qui est ressortie"

C'est "la colère de toutes ces années qui est ressortie (...) D'où l'étranglement pour qu'elle se taise", a-t-il raconté. "Les coups étaient rapides et c'est parti sur la strangulation", a-t-il poursuivi, "je l'ai saisie par le cou, j'ai serré, le temps ont l'a estimé à 4 minute, mais moi je peux pas vous estimer le temps". "Quand j'ai senti qu'elle s'affaissait, j'ai relâché", a-t-il ajouté.

Selon lui, Alexia l'avait mordu, déclenchant sa rage : "La morsure, ça m'a mis hors de moi (...) J'ai fait cocotte minute, j'ai débordé". 

"Je lui cogne deux fois la tête contre le mur avant de la frapper. Avant j'osais pas admettre que j'avais fait ça... Je ne me suis jamais battu. Jamais donné de coups de poing", a ajouté celui qui comparaît pour "meurtre sur conjoint" et encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 

"Personnalité caméléon"

Un peu plus tôt, un expert a estimé, devant la cour d'assises de Haute-Saône, que l'accusé est capable d'avoir "des réactions impulsives et non maîtrisées".

"Jonathann Daval n'existe pas, il n'existe qu'en fonction du regard des autres", a relevé le psychologue Tony Arpin. Il a une "personnalité caméléon", "une mauvaise image de lui-même" et "donne à paraître ce qu'on veut qu'il soit", a poursuivi l'expert qui l'avait rencontré trois mois après son interpellation pour le meurtre de sa femme Alexia en octobre 2017.

L'accusé a longtemps été dans le "déni" : "pendant trois mois il s'est persuadé que ce n'était pas lui" tant "il ne supporte pas que son image soit ternie", estime le psychologue. Puis quand les faits sont là, il les a fuis en accusant un autre, son beau-frère.

Mercredi Jonathann Daval s'est évanoui lors de son interrogatoire. Pour l'expert, "son corps à parlé". Il n'a pas pu échapper à ce qu'il a fait.

Maxime Brandstaetter avec Xavier Allain