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Réforme de la police judiciaire: des juges d'instruction soutiennent les policiers

Des policiers sont rassemblés le 11 octobre 2022 devant la direction de la police judiciaire à Paris

Des policiers sont rassemblés le 11 octobre 2022 devant la direction de la police judiciaire à Paris - Emmanuel DUNAND © 2019 AFP

Le mouvement de grogne des contre la réforme de la police continue et prend de l'ampleur. Des manifestations ont eu lieu ce mardi devant le siège de la police judiciaire à Paris et des magistrats, en robe, se sont associés aux policiers pour manifester contre la réforme. Elle prévoit de regrouper toutes les polices sous les ordres d'un directeur départemental.

La colère monte encore contre la réforme de la police. Mardi, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de France, dont Paris. Des agents se sont réunis devant de le siège de la police judiciaire.

Ils ont été rejoints par des magistrats. D'ailleurs, des procureurs de toute la France ont multiplié les communiqués pour exprimer leur opposition à ce projet de réforme.

La réforme prévoit de rattacher la police judiciaire à des nouvelles structures départementales. L'objectif serait de regrouper sous les ordres d’un directeur départemental toutes les polices: la sécurité publique, les CRS, la police des frontières et la police judiciaire. Les inspecteurs de la police judiciaire craignent de perdre en liberté et en indépendance.

Les dossiers importants sacrifiés?

Parmi les magistrats présents dans les manifestations mardi, il y avait des juges d'instruction, avec qui ils travaillent quotidiennement.

"Ce qu’on craint comme eux, c’est que les dossiers importants, complexes certes, mais importants, soient sacrifiés sur l’autel de dossiers beaucoup plus simples qui permettent de remplir des tableaux statistiques", s'inquiète Matthieu Bonduelle, juge d'instruction.

"Je suis dans un service spécialisé sur la criminalité organisée et c’est typiquement le genre de service très inquiet, ajoute-t-il. Ce sont des dossiers qui durent des mois voire des années avec un travail policier considérable (filatures, surveillances techniques...). Si on compare ça avec une opération très simple comme interpeller des consommateurs de crack à Stalingrad ou des étrangers en situation irrégulière, ce n’est pas la même chose en termes d’affichage. Pourtant, c’est beaucoup plus intéressant [la criminalité organisée, ndlr] parce que vous touchez au cœur des organisations criminelles".

Concrètement, les agents de la police judiciaire se consacrent à la lutte contre les crimes les plus graves: le crime organisé, les braquages, les assassinats, les mafias, etc. Avec ce projet de réforme, ils craignent donc d'être obligés d'effectuer des tâches moins nobles.

AB