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Refus d’obtempérer à Nice: l’avocat Arié Alimi dénonce une exécution sommaire

Après la mort d’un conducteur d’une voiture volée à Nice, l’avocat Arié Alimi dénonce une exécution sommaire de la part du policier qui a tiré. Il s’en est expliqué dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story.

"Quand les syndicats disent légitime défense, la réalité dit exécution sommaire". C’est ce qu’a affirmé l’avocat Arié Alimi sur Twitter, après la mort d’un conducteur d’une voiture volée à Nice ce mercredi après-midi. Un policier a tiré à la fenêtre de l’automobiliste, de nationalité tunisienne. Il a été placé en garde à vue par l’IGPN, comme le veut la procédure dans une telle situation. "Sur les images de Nice, c’est comme ça que je l’analyse (une exécution sommaire, ndlr), explique Me Arié Alimi dans ‘Apolline Matin’ ce jeudi sur RMC et RMC Story. En plus, on voit un syndicaliste (policier) commenter sur BFMTV, juste avant que les images ne passent sur les réseaux, une légitime défense. Quand on voit les images, on se rend compte que ce n’est pas du tout ça et qu’il n’y avait absolument aucune situation de danger pour le policier."

Selon Me Arié Alimi, "on a une forme de ‘bestialisation’, de brutalisation, de l’action policière". "Elle est due au ministère de l’Intérieur, qui essaye d’aller vers cette fameuse présomption de légitime défense. Le vrai danger, c’est ça. Ce n’est pas que pour la population, mais également pour les policiers", ajoute-t-il. Dans la nuit de mardi à mercredi, c’est une femme de 22 ans qui a perdu la vie après le tir d’un policier lors d’une opération anti-drogue, après le refus d’obtempérer du conducteur de la voiture dans laquelle elle se trouvait.

"Un vrai risque d’affrontement entre les forces de l’ordre et la population"

"Quand le policier use de son arme, il est légitimement convaincu qu’il est dans un cadre légal et que sa vie est en danger, assure Grégory Joron, secrétaire général Unité SGP Police-FO, sur RMC. Des fois, ça arrive que ça ne soit pas le cas et qu’il y ait des jugements qui démontrent que le policier n’était pas dans un cadre légal pour l’usage des armes. Mais globalement, quand le policier use de son arme, ce n’est pas à la légère. C’est qu’il est en danger de mort, qu’il doit protéger ses collègues. Je veux bien qu’on parle de chiffres, mais qu’est-ce qu’on dit aux policiers ? Laissez-vous vous faire écraser, on ne bouge pas ?"

"Vous avez invoqué la présomption d’innocence s’agissant du policier, lui répond Me Arié Alimi. Il faudrait aussi le faire de manière symétrique pour le conducteur. Là, en considérant que le policier est forcément en position de légitime défense, vous impliquez le fait que le conducteur a éventuellement commis une tentative de meurtre ou une mise en danger de la vie d’autrui. Respectons la présomption d’innocence pour les deux parties. L’enjeu est plus important que ça. On a un vrai risque d’affrontement entre les forces de l’ordre et la population, parce que toute violence entraine une autre violence. C’est historiquement démontré. Nous devons, toutes les forces progressistes de ce pays, dire au ministère de l’Intérieur qu’on ne peut pas aller vers ça."

LP