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Refus d'obtempérer à Rennes: "Mes collègues n’ont pas la détente facile", défend un syndicaliste

Dans la nuit de mardi 6 à mercredi 7 septembre 2022, une femme de 22 ans est morte, lors d'une opération anti-drogue à Rennes (Ille-et-Vilaine). Le chauffeur, légèrement blessé, aurait délibérément heurté les voitures de police et un fonctionnaire. Le secrétaire général du syndicat Unité SGP Police de Bretagne défend son collègue.

Une femme de 22 ans, originaire de la région rouennaise (Seine-Maritime), est morte lors d'une opération anti-drogue à Rennes (Ille-et-Vilaine), dans la nuit de mardi 6 à mercredi 7 septembre 2022.

À l'origine de ce contrôle, une enquête de la police judiciaire qui dure depuis plus d'un an. Des longues investigations étaient en cours pour démanteler cette filière d'approvisionnement de cocaïne à Rennes. Une livraison était donc prévue cette nuit-là et les policiers le savaient. Ils ont donc voulu arrêter le trafiquant, en flagrant délit.

Ce dernier, âgé de 26 ans et originaire de Saint-Étienne-du-Rouvray, conduisait à toute allure, sans prudence. Il a senti le piège se refermer et a jeté par la fenêtre de la cocaïne.

Le trafiquant blessé légèrement au bras

Coincé par la BRI sur une bretelle de la rocade rennaise, le chauffeur aurait délibérément percuté les voitures de police et heurté un fonctionnaire. C'est ce dernier qui a tiré, une seule balle.

Le trafiquant a été blessé légèrement, la balle ayant traversé notamment son bras droit, avant de toucher sa passagère, qui était sa compagne.

Cette dernière est décédée des suites "d’un traumatisme thoracique avec hémothorax droit majeur, le projectile (retrouvé in corpore) ayant perforé le ventricule droit, le diaphragme, le foie et le poumon droit", affirme le procureur de la République de Rennes. Elle était inconnue des services judiciaires.

Deux enquêtes ouvertes

Outre la procédure initiale pour trafic de stupéfiants, deux enquêtes ont été ouvertes sur ce dossier: une par l'IGPN, pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner et une autre par la police judiciaire de Rennes, pour tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique.

David Leveau, secrétaire régional de UNITÉ SGP Police en Bretagne prend la défense de son collègue.

"Mes collègues n’ont pas la détente facile, surtout que là on avait affaire à des professionnels aguerris. Nous représentons l’ordre et la loi, on représente la République. Quand on fonce sur un policier, évidemment la loi et les règles précisent qu’on peut faire usage de son arme pour défendre sa vie ou celle d’autrui, c’est ce qu’a fait mon collègue."

Il tient à préciser que "le policier, n'est pas une machine, c’est un homme, un être humain, il a une famille, une femme" et que lorsque quelqu'un est tué lors d'une opération "le policier est marqué à vie".

Guillaume Biet