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Saccage de l'Arc de Triomphe: le difficile tri des profils des prévenus

Les dix prévenus ont été triés en deux groupes par la procureure en fonction de leur degré d'implication.

3e jour du procès lié au saccage de l’Arc de Triomphe, le jour des réquisitions du parquet. Dans les peines qu’elle demande, la procureure Florence Lardet a divisé les prévenus en deux groupes.

Pour ceux qui sont simplement entrés dans le monument et ont volé des petits objets (une petite tour Eiffel, des cartes postales…), la procureure demande 105 heures de travaux d’intérêt général, plus une amende de 450 euros, dont 300 avec sursis.

Elle est plus sévère avec le deuxième groupe. Ceux qui sont suspectés d’avoir dégradé le monument. Elle demande 15 mois de prison dont 6 avec sursis pour l'ancien militaire de 43 ans lié à l'ultra-droite. Il est suspecté d’avoir tagué l’édifice.

Un jeu d'équilibriste pour la procureure

La procureure réclame aussi 15 mois de prison dont 9 avec sursis pour les jeunes suspectés de dégradations. L'un a enfoncé une porte avec un extincteur, l’autre à laissé son ADN sur un morceau de la statue. Des stages de citoyenneté sont aussi réclamé pour les prévenus.

Un jeu d'équilibriste auquel s'est prêtée la procureure. "Comment faire rentrer le symbole dans une peine, tout en restant juste?" La procureure a résumé ainsi tout le dilemme de ces réquisitions.

Les principaux auteurs pas identifiés

D’un côté, il faut une peine à la hauteur de l’émotion qu’ont suscité les images de l’Arc de Triomphe saccagé, de l’autre les 10 prévenus ne doivent pas payer pour l’ensemble des casseurs mais “à la hauteur de ce qu’ils ont fait” a insisté la magistrate, regrettant encore une fois que les principaux auteurs n’aient pas été identifiés.

"L’important c’est que leur responsabilité soit reconnue", se satisfait maître Morel, avocat d’une association de défense du patrimoine, partie civile à ce procès. "On aurait préféré que les vraies responsables soit là", continue-t-il, mais il se félicite que “dans ce chaos, l'enquête ait pu aboutir à un procès symbolique.” Le verdict est attendu d’ici la fin de la semaine.

Maxime Brandstaetter (avec J.A.)