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Saint-Etienne-du-Rouvray: "Appliquer avec fermeté l'arsenal judiciaire et pénal que nous avons"

REACTIONS - Un prêtre a été tué mardi lors d'une prise d'otages dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, un attentat revendiqué par l'organisation Etat islamique (EI) et perpétré par deux jihadistes dont l'un, mis en examen pour avoir tenté de rejoindre la Syrie, était sous bracelet électronique. Un nouvel attentat qui fait réagir la classe politique.

Moins de deux semaines après Nice, la France a nouveau frappée par un attentat. Mardi matin, à Saint-Etienne-du-Rouvray en Seine-Maritime, Jacques Hamel donne la messe à la paroisse du village. Deux hommes entrent par derrière, ferment la porte de l'Église et prennent en otage le prêtre de 86 ans, sœur Danielle, deux autres bonnes sœurs, et deux paroissiens. Après s'être livré à une macabre mise en scène, ils égorgent le prêtre à l'arme blanche et blessent grièvement un paroissien, toujours dans un état grave. Un nouvel attentat qui a permis à la droite de critiquer à nouveau "le laxisme" du gouvernement.

Nicolas Sarkozy appelle ainsi à être "impitoyables", dénonçant les "arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète" du gouvernement. "Nous ne pouvons plus perdre de temps", assène le président des Républicains en appelant le gouvernement à mettre en œuvre "toutes les propositions" que son parti présente depuis des mois. "Aujourd'hui, la vérité c'est que le couple exécutif n'a plus le choix, explique un proche de Nicolas Sarkozy. Il va devoir mettre en œuvre ce qu'il refusait pour des raisons idéologiques".

"Tourner la page du laxisme pénal"

Et notamment, la création de centre de rétention pour y placer les individus les plus radicalisés par exemple. "Mais, franchement, que de temps perdu", lâche ce soutien du président des Républicains. "On ne va pas dire 'On vous l'avait bien dit', ajoute un député LR qui travaille depuis des mois sur ces questions. Mais j'enrage de voir que ce qu'on propose aurait pu éviter cette nouvelle attaque". Bruno Retailleau, élu de Vendée et patron des sénateurs LR, est lui aussi très remonté contre le gouvernement.

"Il faut tourner la page du laxisme pénal. Il faut une politique de fermeté dans un Etat de droit, estime-t-il sur RMC. J'observe, encore une fois, qu'on n'a pas besoin d'inventer de nouvelles mesures. Il faut simplement partir de l'arsenal judiciaire et pénal que nous avons et l'appliquer avec fermeté". Nicolas Bay, député européen FN et conseiller régional de Normandie, dénonce, lui aussi, l'absence de réaction du gouvernement après les attaques répétées de ces derniers jours.

"Aucun acte fort n'est pris par le pouvoir"

"Le gouvernement a une responsabilité très lourde dans ces attaques terroristes qui se multiplient, considère-t-il. En effet, aucun acte fort n'est pris par le pouvoir en place car quand on voit le profil de l'un des terroristes on se rend compte qu'il voulait se rendre en Syrie. Or, il n'a qu'un simple bracelet électronique et on voit bien que celui-ci ne l'empêche pas de commettre les pires atrocités. On est donc au cœur du laxisme judiciaire, de l'absence de volonté politique d'éradiquer l'islamisme radical dans le pays".

Mais, même à gauche, certaines voix s'élèvent pour critiquer le gouvernement. C'est le cas notamment d'Olivier Falorni, député radical de gauche de Charente-Maritime et secrétaire de la mission d'information sur les moyens de Daesh à l'Assemblée: "On voit bien, malheureusement, que le contrôle judiciaire avec bracelet électronique est inopérant. Je crois donc qu'à travers cet attentat, aussi abominable qu'odieux, nous avons l'illustration de dispositifs défaillants et insuffisants".

M. Ricard avec J-B Durand et E. Bertholomey