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Soupçons de financement libyen de la campagne de Sarkozy: ce qui a permis l'accélération de l'enquête

Invité ce mercredi de Bourdin Direct, le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi a expliqué pourquoi l'affaire des soupçons de financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy s'est brutalement accélérée, conduisant à la garde à vue de l'ancien président, qui a repris ce mercredi à Nanterre.

Il y a 7 ans, il révélait avec Karl Laske l'affaire de soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Le journaliste de Mediapart, Fabrice Arfi, coauteur de Avec les compliments du guide (éd. Fayard) était l'invité de Bourdin Direct ce mercredi. Il ne s'est d'abord pas montré plus étonné que ça du fait que Nicolas Sarkozy ait pu rentrer dormir chez lui en plein milieu de sa garde à vue de 48 heures. "Certains pourront dire qu'il n'est pas traité comme tout le monde. Tout le monde n'a pas la possibilité de rentrer chez soi pour dormir en dehors des locaux policiers. Peut-être qu'eu égard à son statut d'ancien président on lui fait cette clémence-là. Ce qui compte c'est le fond et ses réponses aux questions".

"Tripoli a livré des éléments"

Fabrice Arfi pense que c'est la participation récente de la justice libyenne qui a permis une accélération de l'enquête, aboutissant à la garde à vue de Nicolas Sarkozy. "Ce que nous savons c'est que le bureau des enquêtes du procureur de Tripoli a accepté de collaborer ces dernières semaines avec la justice française, et a livré des éléments. Nous ne connaissons pas la nature de ces éléments, mais j'ai tendance à penser que c'est une des raisons de l'accélération spectaculaire du développement judiciaire".

"Pas de policier détaché à temps plein sur le dossier"

"Malheureusement en France la lutte contre la corruption souffre de moyens très faibles, a regretté le journaliste. Depuis 2013 il n'y a pas un policier détaché à temps plein sur le dossier libyen. Et pourtant (les enquêteurs) réunissent des éléments, et il y en a déjà énormément dans ce dossier. Des éléments que nous connaissons pour certains et qui permettent de documenter cette affaire que je considère comme la plus grave de la Ve république, puisque c'est l'histoire du soupçon d'une corruption de notre démocratie par le tyran Khadafi".

P. G. avec J-J. Bourdin