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Stéphanie, 22 ans, poignardée en pleine rue par son compagnon: "Quand on appelait les policiers, ils ne venaient même plus" confient des voisines

"La victime a reçu cinq coups de couteaux" selon le maire d'Hayange. Dans le quartier où vivait le couple, les habitants avaient alerté la police à plusieurs reprises.

Les témoignages de Yamina et Sabrina sont troublants. "Quand elle était avec lui, elle avait peur" confient ces deux voisines de Stéphanie, au micro de RMC.

Et elles regrettent de n'avoir rien pu faire pour éviter le drame: "Ca fait très mal. Les altercations étaient visibles, ça se passait dehors, on les entendait. Après, on essayait de lui parler, mais comme elle avait peur de lui... On ne peut pas rentrer dans sa vie privée".

La jeune femme de 22 ans, maman d'une petite fille de 4 ans, a été tuée de plusieurs coups de couteau au cours de la nuit de dimanche à lundi à Hayange, en Moselle, son compagnon a finalement été interpellé lundi. Il s'agit d'un homme de 23 ans de nationalité serbe. 

"La victime a reçu cinq coups de couteaux", a déclaré lundi le maire (RN) de Hayange, Fabien Engelmann. "Les pompiers ont été prévenus à 0h40, mais la victime était déjà en arrêt cardiaque quand ils sont arrivés sur place. Ils sont restés jusqu'à 3H00 du matin", a-t-il précisé. Le suspect et la victime sont les parents d'une petite fille née en 2017. L'enfant a fait l'objet d'un placement, a indiqué le parquet. 

Il avait enlevé son bracelet électronique dans sa fuite

Le suspect a été interpellé lundi à Hayange, "au cours de l'après-midi au domicile d'une autre personne", a déclaré à l'AFP le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri. 

L'arrestation s'est déroulée "sans incident", en présence d'enquêteurs de la PJ de Metz et avec l'assistance d'agents de la BRI, a précisé le commissaire Antoine Baudant. "Nous avions dix enquêteurs à plein temps, qui ont permis de récolter rapidement des éléments nous laissant supposer que le suspect pouvait se cacher à cet endroit", a-t-il expliqué.

Le suspect et le couple chez qui il a été interpellé, un homme et une femme d'une quarantaine d'années, ont été placés en garde à vue, respectivement pour homicide sur conjoint et recel de malfaiteur. 

Le suspect avait déjà fait l'objet d'une plainte pour menaces de la part de sa compagne. Il avait également été condamné à un an de prison pour des délits routiers. Incarcéré, il avait formulé une demande d'aménagement de peine, un dossier dans lequel figurait une attestation de sa compagne qui donnait son accord pour un retour au domicile, a précisé le parquet. 

Refusé par le juge d'application des peines, cet aménagement avait été accordé en appel et l'homme avait été placé mi-mai en détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE). Il s'était défait de son bracelet électronique dans sa fuite.

"Quand on appelait les policiers, ils ne venaient même plus"

"Cette gamine, je l'ai vue samedi" souffle Virginie. 

"C'est quelque chose qui aurait pu être évité. Tout le monde le savait, ici. On était tous témoins de ce qu'il se passait. C'était récurrent... On a fait quelque chose, on a appelé la police. Mais après on passe pour une vipère qui se mêle de ce qu'il se passe dehors. La police, il ne faut pas qu'elle dise qu'elle n'était pas au courant. La police pensait que c'était uniquement des histoires de couple et que c'était dans leur habitude d'avoir des altercations... Quand on appelait les policiers, ils ne venaient même plus" raconte cette voisine... qui habite pourtant en face du commissariat, fermé la nuit.

"C'était une jeune femme très gentille, je la voyais très souvent. Mais lui, il était très violent. On avait dû appeler plusieurs fois la police parce qu'il lui tapait dessus, il faisait du trafic", confie une voisine. "Quand elle était seule, elle était enjouée, souriante, mais quand il était là, elle était morose", a-t-elle observé. 

Un tel drame n'est pas sans rappeler celui de Mérignac, il y a moins d'un mois. Une femme de 31 ans, mère de 3 enfants, a été tuée par son ex-compagnon violent: ce dernier, déjà connu des services de police et qui sortait récemment de prison, avait alors poursuivi la femme puis l'a aspergé de liquide inflammable avant de la brûler vive.

En 2020, 90 féminicides ont été officiellement recensés en France, contre 146 l'année précédente. En 2018, 121 femmes avaient été tuées lors de violences conjugales, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

La rédaction de RMC avec AFP