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Strasbourg: la ville va attaquer l'État pour sa "défaillance" à mettre à l'abri les SDF

La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (EELV) , le 5 mars 2021 à Paris (photo d'illustration).

La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (EELV) , le 5 mars 2021 à Paris (photo d'illustration). - JOEL SAGET © 2019 AFP

La ville de Strasbourg va attaquer l'État en justice pour sa "défaillance" à mettre à l'abri les personnes à la rue, notamment les migrants, a annoncé, ce lundi, la maire écologiste Jeanne Barseghian. Elle invite tous les "élus" et "associations" qui le souhaitent à se joindre à cette action.

Aucune date n'a encore été avancée mais Jeanne Barseghian, la maire écologiste de Strasbourg (Bas-Rhin) a annoncé, ce lundi, que la ville allait attaquer l'État en justice pour sa "défaillance" à mettre à l'abri les personnes à la rue, notamment les migrants.

"Nos moyens (municipaux) ne suffisent pas à répondre à cette grande détresse et à cette crise humanitaire. La mise à l'abri relève de l'État, il y a carence, donc j'ai décidé que la ville de Strasbourg intenterait une action en responsabilité contre l'État, du fait de cette défaillance", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

"La France connaît une crise humanitaire sans précédent"

Elle a invité tous les "élus" et "associations" qui le souhaitent à se joindre à cette action.

"On arrive véritablement au bout d'un modèle. La France connaît une crise humanitaire sans précédent avec, dans toutes les grandes villes françaises, des centaines de personnes, dont des personnes très vulnérables, malades, des enfants, qui sont à la rue dans le froid, sans droits, sans accès aux soins, dans la misère [...]", a poursuivi l'élue écologiste.

Elle a admis que "Strasbourg n'échappe pas à la règle".

Un campement bientôt évacué

La maire de la capitale alsacienne s'exprimait alors qu'un campement de migrants, situé au centre-ville était sur le point d'être démantelé, après la décision vendredi du Tribunal administratif de Strasbourg qui a ordonné à la municipalité de l'évacuer, à la demande de la préfecture du Bas-Rhin.

Le campagnement a compté jusqu'à 200 personnes, pour beaucoup venues de Géorgie, d'Albanie et de Macédoine.

"Je vous rappelle quand même que l'une des premières promesses d'Emmanuel Macron en 2017, c'était qu'à la fin (de cette même année), il n'y aurait plus personne à la rue. Autant vous dire que cinq ans et demi plus tard, évidemment, cette promesse n'est absolument pas tenue", a ajouté Jeanne Barseghian.

Lundi, cette dernière a indiqué dans un communiqué avoir accordé à la mairie le concours de la force publique pour cette évacuation.

AB avec AFP