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Suppression des aides sociales pour les familles de délinquants: "Nous avons tout essayé", justifie le maire de Caudry dans le Nord

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Impuissant malgré les tentatives de dialogue et le renforcement des effectifs de police municipale, le maire de Caudry dans le Nord, espère endiguer la délinquance en supprimant les aides sociales des familles des concernés.

Bris de vitrine, intimidations, troubles à l’ordre public, outrages, dégradations de mobilier urbain... Pour tenter de freiner la délinquance et incivilités des adolescents, le maire UDI de Caudry (Nord), Frédéric Bricout, a pris des mesures et pourra désormais suspendre les aides sociales des familles d’enfants "délinquants".

L’édile cible ainsi les parents "démissionnaires" dont les enfants, souvent autour de 13-14 ans, sont à l’origine d’incivilités dans la commune: "Il s’agit des aides sociales facultatives de la commune", précise Frédéric Bricout ce jeudi sur RMC, évoquant des aides comme la prise en charge des frais de cantine, d’accès à l’épicerie sociale de la commune ou le fait de bénéficier d’aide d’urgence pour le paiement de factures d’électricité par exemple.

Il espère que ces suspensions pourraient faire prendre conscience aux jeunes des conséquences de leurs actes: "Nous avons tout essayé. Nous sommes une ville de 15.000 habitants avec tous les équipements d'une ville de 25.000 habitants. Les enfants ont tout pour se distraire et malgré tout une poignée d'irréductibles continue de semer la zizanie dans tout Caudry".

"Ils font peur aux vieilles dames en tapant dans leur volet, ils cassent le mobilier urbain, ils crient dans les rues, ils insultent les commerçants. Il y a un gamin il y a quelque jours qui s'amusait toutes les 5 minutes à ouvrir la porte d'une commerçante pour la traiter de 'salope'", évoque l'élu sur RMC.

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Une quinzaine de familles pourraient être concernées

Dans la commune, les avis sont partagés quant à la mise en place d'une telle mesure: "C'est pas parce que ce sont des délinquants qu'ils n'ont plus le droit aux aides sociales", déplore une habitante. "Ça va encore plus les mettre dans la merde", assure une autre. "Si cela touche directement au portefeuille, ça va peut-être forcer les parents à resserrer la vis", estime une troisième habitante".

Une petite délinquance que rien ne semble parvenir à endiguer: "Nous avons mis en place un conseil local de la sécurité et de la prévention de la délinquance avec le procureur, la gendarmerie nationale et l'éducation nationale. Nous avons mis en place un conseil des droits et devoirs des familles où l'on reçoit les familles et leurs enfants qui sont en train de glisser sur le chemin de la délinquance. On leur explique ce qu'ils ont fait, ce qu'ils encourent et en général on arrive à de bon résultats", explique Frédéric Bicout qui a également augmenté les effectifs de police municipale et recruté des éducateurs.

Mais pas question de rendre la mesure systématique. Le maire assure vouloir faire preuve de discernement en étudiant au cas par cas les différentes situations familiales: "Il y a des familles qui sont débordées avec des adolescents qui font peur à leurs parents et qui sont devenus les caïds de la famille. Les parents dans ce cas-là sont décidés à employer tous les moyens. Et puis il y a des familles complices. Ils ont des conflits de voisinage et se servent de leur enfant pour régler les problèmes, font du trafic pour avoir des revenus complémentaires et c'est sur ces familles que je veux me focaliser", assure Frédéric Bicout. En tout, une quinzaine de familles pourraient être concernées.

Lionel Top avec Guillaume Dussourt