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Surveillants agressés à la prison du Havre: les faits requalifiés en "tentative d'assassinats terroristes"

Deux surveillants ont été légèrement blessés jeudi matin au centre pénitentiaire du Havre par un détenu condamné pour des faits de terrorisme et des syndicats ont dénoncé une gestion inadaptée des détenus radicalisés.

L'agression a eu lieu jeudi à 7h du matin. Deux surveillants du centre pénitentiaire du Havre ont été agressés par un détenu. L'homme, âgé de 25 ans, a utilisé le pied en fer de la table de sa cellule pour attaquer et frapper les surveillants. Il a profité de l'ouverture de sa cellule pour passer à l'acte. 

Les fonctionnaires, blessés, ont un jour et deux jours d'interruption temporaire

L'homme, âgé de 25 ans, avait été condamné en juillet 2017 à 7 ans de prison pour participation à association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste. Il était pourtant en régime de détention ordinaire.

En effet, comme pour tout détenu condamné pour des faits de terrorisme le jeune homme de 25 ans, revenu de Syrie en 2015, est passé en quartier d'évaluation de la radicalisation pour juger de sa dangerosité.

Après les quatre mois réglementaires, les équipes penitentaires ont estimé qu'il n'était pas prosélyte mais pouvait potentiellement passer à l'acte. Il a donc été placé en détention ordinaire mais avec une surveillance et un régime particulier: interdiction de laisser la porte de sa cellule ouverte et activités réduites au sport uniquement.

Une source pénitentiaire décrit un détenu "fragile, désociabilisé", il ne recevait pas de visite. Les motifs de son passage à l'acte sont inconnus. Le jeune homme a été placé en quartier disciplinaire, un régime de détention plus spartiate. Il sera également transféré dans une maison d'arrêt dans l'attente d'être jugé pour cette attaque.

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisi des faits. Mais pour l'instant, il n'y a pas de qualification terroriste: l'enquête a été ouverte du chef de violences volontaires avec arme et sur personne dépositaire de l'autorité publique. 

Gwladys Laffitte avec Xavier Allain