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Tentative de féminicide à Blois: la colère ne retombe pas, après la mise à pied d'un policier

Une centaine de personnes se sont rassemblées mardi soir devant le commissariat de Blois après la violente agression d'une femme de 24 ans, qui venait d'être éconduite par un policier en tentant de déposer plainte.

La colère est toujours intacte à Blois, dans le Loir-et-Cher, une semaine après la violente agression d'une femme de 24 ans par son ex-compagnon. La victime avait tenté de porter plainte avant son agression, mais le policier en charge de son audition lui avait alors demandé de revenir le lendemain. Mais en rentrant chez elle ce jour-là, elle a été violemment passée à tabac par son ex-compagnon.

Un rassemblement de soutien a eu lieu mardi soir devant le commissariat de la ville, alors que le policier qui a éconduit la victime avait, selon nos informations, déjà été sanctionné par sa hiérarchie pour de graves manquements dans la prise en charge des plaintes.

Devant le commissariat de Blois, Kahina se tient à l'écart de la foule, parce qu'elle s'y revoit. "Ça m'a fendu le cœur. Moi-même j'ai été victime de violences", raconte-t-elle à RMC. Un ancien petit ami qui la frappe à la sortie de la gare, et puis ce même commissariat qui ne l'écoute pas... "Le soir même, je suis allée au commissariat, ils m'ont dit de revenir le lendemain, ce que j'ai fait mais ça ne bouge toujours pas", déplore Kahina.

"Elle fait la démarche et au final, elle se retrouve quand même à l'hôpital entre la vie et la mort"

Alors pour elles, pour toutes, elles sont venues le crier au mégaphone, devant les grilles du commissariat: "Nous croyons les femmes quand elles viennent déposer plainte pour violences conjugales, ou pour viols, ou les deux, quel que soit le jour ou l'heure".

Parce que le risque pour Cybellia et Lucie, c'est de ne plus avoir la force d'aller dénoncer ces violences. "Elle a eu le courage de faire la démarche alors que peu de femmes le font. Elle fait la démarche et au final, elle se retrouve quand même à l'hôpital entre la vie et la mort", déplore la première. "Ils ne font pas leur rôle de policier", assure la seconde.

Et il y a du travail: en 2021, 208.000 personnes ont été victimes de violences conjugales, un chiffre en hausse de 21% par rapport à 2020.

Alfred Aurenche (avec G.D.)