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Un policier porte plainte contre "racisme, discrimination et harcèlement moral" contre l'institution

C'est une procédure rarissime au sein des forces de l'ordre: un policier annonce porter plainte contre la police nationale pour "racisme, discrimination et harcèlement moral".

Un policier de Strasbourg a annoncé porter plainte ce lundi contre la police nationale pour "racisme, discrimination et harcèlement moral". Depuis sa mutation à Strasbourg l'an dernier, ce motard de 37 ans assure être victime "d'insultes, de discriminations et de rabaissements" de la part de ses collègues. L'été dernier, il fait une dépression qui dure neuf mois. 

Pendant un an Haykeul Rezgui Rawaji, motard de la police nationale, va être témoin et victime d’insultes racistes de la part de ses collègues.

“J’ai entendu des collègues dire ‘Rezgui Rawaji un nom bien Français de chez nous’. Et les mots ‘bougnoul’, ‘negro’, ‘bicot’, dit régulièrement, ouvertement, entre collègues dans l’enceinte du commissariat en tenue sans gêne ni pour moi ni pour d’autres collègues. Et ça ne dérange personne”, explique-t-il. 

"On minimise au maximum les faits"

Très affecté, le policier est arrêté pendant 9 mois pour burn-out. Il demande alors une mutation qui lui est refusée et alerte aussi sa hiérarchie et son syndicat, mais personne ne réagit.

“J’ai fait un rapport à la directrice en expliquant la situation et donne une copie à mon syndicat. C’est mis de côté, on fait traîner le dossier. Je dénonce des faits qui sont graves et personne et personne ne vous tend la main. Une personne de la hiérarchie que ce sont des petites blagues… On minimise au maximum les faits”, ajoute-t-il. 

C’est cette inaction qui pousse aujourd’hui le policier à porter plainte. Il demande une indemnisation pour les souffrances endurées et un passage de grade. En attendant, le motard de terrain qui a repris le travail a été “mis au placard” comme il dit, dans un bureau loin de son domicile. 

Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours