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"Un procès public pourrait lui procurer du plaisir": huis clos total au procès du chirurgien Le Scouarnec, accusé d'agressions pédophiles

La cour d'assises de Saintes, en Charente-Maritime, a décidé vendredi l'instauration d'un huis clos total pour les trois jours de procès du chirurgien à la retraite Joël Le Scouarnec, accusé d'agressions sexuelles sur quatre mineures.

Il est accusé d'agressions sexuelles sur 4 mineures. Le procès, porte sur des accusations de viols et/ou atteintes sexuelles concernant la fille de ses voisins de Jonzac, âgée de 6 ans en 2017, deux nièces aujourd'hui trentenaires pour des faits commis chez lui, à Loches entre 1989 et 1999, et une patiente de l'hôpital de cette ville d'Indre-et-Loire qui n'avait que 4 ans en 1993.

Mais ce n'est que le premier volet d'une vaste enquête judiciaire portant sur des centaines de victimes potentielles durant les 30 ans de carrière de ce médecin respecté, père de trois enfants.

Joël Le Scouarnec apparaît dans le box, pull et pantalon noir, crâne dégarni et cheveux blancs. Derrière les verres carrés de ses lunettes, ses yeux balayent régulièrement l’assistance fixant parfois un membre du public. Impassible. Puis il baisse la tête.

"Après l’omerta pendant 30 ans, ce huis clos va une nouvelle fois le protéger"

Très vite les avocats de deux parties civile demandent le huis clos pour disent-ils "garantir la sérénité des débats dans un dossier très médiatique". Une avocate ajoute, cinglante: "Mr Le Scouarnec est aussi un exhibitionniste, un procès public pourrait lui procurer du plaisir". La cour prononce le huis clos.

Les parents de la petite victime qui a dénoncé le chirurgien fulminent et quittent la salle. Ils voulaient toute la transparence. Ils s’insurgent aussi de l’absence de l’ex-femme du chirurgien sur le banc des témoins: "Après l’omerta pendant 30 ans, ce huis clos va une nouvelle fois le protéger", lâche en colère, le père de la petite victime.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec C.P.)