RMC

"Une telle violence d'une foule entière qui m'agresse": les premiers éléments de l'enquête sur l'agression homophobe en Corse

Sur Instagram, l'une des victimes, Benoît, raconte: "Littéralement tout le bar qui nous court après pour nous frapper".

Une vingtaine de personnes... contre deux. Une enquête a été ouverte en Corse après une "agression homophobe" sur la commune de Rogliano (Haute-Corse), a annoncé le parquet jeudi dans un communiqué.

Apportant son "soutien total aux deux victimes" de cette "violente agression homophobe", sur Twitter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a affirmé que "ces actes infâmes ne doivent pas rester impunis".

Cette enquête, qui vise des violences commises dans la nuit de mercredi à jeudi, au coeur du Cap Corse, a été ouverte pour "violences volontaires avec interruption totale de travail inférieure ou égale à 8 jours, en réunion et à raison de l'orientation sexuelle des victimes", précise le communiqué du parquet.

"Coups de pieds et poings"

Selon le procureur de la République de Bastia, un couple d'hommes a subi des insultes homophobes puis des violences "à coups de pieds et poings de la part de plusieurs individus, leur occasionnant des interruptions totales de travail de six à huit jours".

Les victimes, deux vacanciers, assistaient en compagnie de trois autres personnes à un feu d'artifice dans cette commune prisée des touristes. Ils auraient été la cible des violences peu après minuit, après avoir passé la soirée dans un bar. Une troisième personne a également été blessée.

Publiée sur les réseaux sociaux, la photo du couple, visages tuméfiés, a suscité de nombreuses réactions de soutiens dans l'île.

Enquête ouverte en Corse pour une violence agression homophobe: ce que l'on sait
Enquête ouverte en Corse pour une violence agression homophobe: ce que l'on sait © Instagram

"Est-ce que je serais encore en vie?"

Sur Instagram, l'une des victimes, Benoît, raconte:

“Littéralement tout le bar qui nous court après pour nous frapper alors qu’on s’est même pas embrassé. Parce qu’on sait où on est, en Corse... Je n’ai même pas compris ce qui se passait. Je n’ai jamais vu ça, une haine que je n’avais croisée que dans les films ou dans les libres. Là c’était en vrai”, postant ainsi des photos de son visage ensanglanté. 

"Un groupe de jeunes adolescents de 15 à 20 ans se moquent de nous et nous insultent de pédés", confie le jeune homme dans un entretien à nos confrères de Têtu. Et puis la soirée dérape quelques instants plus tard alors que les deux hommes sont dans le village. 

"J'ai pris cinq patates avant d'être coincé entre deux voitures avec 10 gars sur moi. Heureusement que je n'ai pas perdu connaissance, qui sait ce qui aurait pu se passer... Est-ce que je serais encore en vie ?", témoigne-t-il à nos confrères. 

Et de souffler: "Ce n'est pas la première fois que je suis agressé, mais qu'il y ait une telle violence d'une foule entière qui m'agresse, c'est particulièrement choquant"

Enquête ouverte en Corse pour une violence agression homophobe: ce que l'on sait
Enquête ouverte en Corse pour une violence agression homophobe: ce que l'on sait © Instagram / RMC

La Ligue des droits de l'homme a quant à elle a condamné "la violente attaque qu'ont subie des personnes homosexuelles", dénonçant "un véritable lynchage qui ne peut demeurer impuni".

François Ravier, préfet de Haute-Corse, a ainsi fait part de son "indignation" et condamné "avec la plus grande fermeté cette agression lâche et violente", adressant "tout son soutien aux victimes et à leurs proches".

Patrice Quilici, le maire de Rogliano, s'est déclaré "scandalisé" par ces violences.

La rédaction de RMC avec AFP