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Vidéo de trafiquants armés à Grenoble: les auteurs d'un clip de rap recherchés

Des images du clip "Chicagre" de Corbak Hood

Des images du clip "Chicagre" de Corbak Hood - Capture d'écran Youtube

Comme RMC vous le révélait ce matin, un clip illustrant un morceau de rap a été mis en ligne, lundi soir.

Les images avaient fait grand bruit. Des trafiquants de drogue présumés, filmés lourdement armés dans une cité de Grenoble à un point de deal, avaient beaucoup fait réagir les médias et les politiques. Mais les armes étaient en réalité factices et la mise en scène destinée à un clip de rap, selon les auteurs d'une vidéo, qui a en effet été publiée sur Youtube lundi où l'on retrouve les protagonistes cagoulés, filmés devant les fresques que l'on aperçoit sur les images diffusées fin août sur les réseaux sociaux et devant une table supposément remplies de produits stupéfiants.

"Les armes sont factices, les produits n'étaient que du CBD, seules les friandises sont vraies", précise un message à la fin du clip de Corbak Hood, l'artiste grenoblois dont le clip, filmé dans le quartier du Mistral à Grenoble, a mobilisé l'attention de l'opinion publique et même du ministre de l'Intérieur. On peut y voir sous des angles différents et une qualité d'image supérieure, une des deux vidéos mettant en scène des hommes cagoulés devant un point de deal organisé autour d'une table pleine de friandises, près d'une aire de jeux.

Mardi, le parquet de Grenoble a indiqué que les auteurs du clip sont actuellement recherchés par la police. S'il est Difficile d'affirmer pour l'heure si les images initiales avaient été tournées aux seules fins de ce clip, ou si celui-ci a été tourné a posteriori pour désamorcer l'affaire. Le parquet souhaite surtout que ses auteurs soient entendus. 

"Qui a fabriqué ces vidéos"

Selon le procureur Éric Vaillant, "l'enquête pour association de malfaiteurs (...) est toujours en cours", mais après la diffusion du clip "les policiers vont rechercher et entendre les auteurs (...) sur les faits de provocation à l'usage illicite ou au trafic de stupéfiants (5 ans d'emprisonnement encourus), port d'armes prohibé (7 ans d'emprisonnement encourus) susceptibles, entre autres, de leur être reprochés". 

"Il s'agit en effet de savoir qui a fabriqué ces vidéos, ce qu'il en est de la nature exacte des armes et de la drogue exposées et des liens entre les vidéastes et les trafiquants de stupéfiants du quartier", a-t-il ajouté. 

La préfecture de l'Isère a annoncé lundi avoir "amplifié" ses contrôles contre le trafic de drogue dans l'agglomération après la diffusion de ces vidéos et fait état de cinq placements en garde à vue, pour possession de "fortes sommes d'argent en espèces à proximité des lieux de trafic", ainsi que pour des "faits d'escroquerie" et de "vol". 

"Plusieurs saisies de drogues (résine de cannabis et cocaïne) et d'espèces ont été réalisées", a ajouté la préfecture qui annonce d'autres opérations de ce type "dans les jours et les semaines à venir" dans le département. 

G.D.