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Violences policières: ce que l'on sait des trois enquêtes confiées à l'IGPN

Le ministre de l'Intérieur présentait ses vœux à la police nationale ce lundi. Des policiers qu'il invite à faire preuve "d'exemplarité", alors que les enquêtes ouvertes par l'IGPN se multiplient.

Le rappel à l'ordre de Christophe Castaner. Le ministre de l'Intérieur a infléchi la réponse du gouvernement face à de nouvelles accusations de violences policières, en marge des manifestations contre la réforme des retraites et plus d'un an après le début du mouvement de contestation des gilets jaunes.

Christophe Castaner appelle à un "usage juste et proportionné de la force"

Lors de ses vœux à la police nationale, Christophe Castaner a appelé à "l'exemplarité" avec un "usage juste et proportionné de la force". Il y a trois jours, le ministre de l'Intérieur avait déjà rappelé les forces de l'ordre à leur professionnalisme et à leur déontologie.

Changement de ton donc pour la deuxième fois en moins d'une semaine, le ministre de l'intérieur, met directement en cause les forces de l'ordre.

"Être policier, c'est être modèle, ces images ont pu choquer" reconnait un conseiller de la Place Beauvau, qui plaide pour l'exemplarité et l'éthique. "Oui, ils sont épuisés, oui ils ne gagnent rien, mais ils ne peuvent pas se comporter comme des truands", enchaîne gêné un député marcheur.

Même face à la multiplication des affaires, et alors que plusieurs enquêtes sont en cours, Christophe Castaner se refuse toujours à utiliser l'expression "violences policières".

Trois enquêtes confiées à l'IGPN

Deux nouvelles enquêtes ont été confiées à la police des polices ce lundi. Elles font suite à la manifestation de jeudi dernier. La première enquête concerne une conductrice RATP, militante au syndicat Unsa. Elle accuse, vidéo à l'appui, un fonctionnaire de police de lui avoir asséné plusieurs coups de matraque, alors qu'elle cherchait à ramasser son téléphone portable tombé à terre.

La seconde enquête, concerne un manifestant de 23 ans, frappé au sol de plusieurs coups de poings, alors qu'il tentait de venir en aide à une aide-soignante.

Au total, il y a donc trois enquêtes, après celle ouverte vendredi, concernant un policier tirant à bout portant avec un LBD sur des manifestants.

Emmanuel Macron demande "des propositions claires"

Des images qui s'ajoutent à d'autres polémiques très récentes: comme le tir de grenade lacrymogène samedi à Lyon ou la mort d’un livreur, à Paris, après un contrôle routier controversé.

Ce mardi, lors d'un déplacement à Pau, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement "des propositions claires pour améliorer la déontologie" parmi les forces de l'ordre.

"Des comportements qui ne sont pas acceptables ont été ou vus ou pointés", a-t-il justifié, tout en déplorant également "la violence et le nihilisme politique" qu'expriment selon lui certains manifestants. 

Benjamin Smadja et Paul Barcelonne (avec C.P.)