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Affaire Cayeux: "J'ai été blessé mais je ne demande pas sa tête" dit le député Pascal Lavergne

Après les excuses de Caroline Cayeux, Elisabeth Borne a estimé que les choses étaient "désormais claires" balayant un départ du gouvernement. Sur RMC, le député Pascal Lavergne s'est dit "blessé" par les propos de la ministre mais ne demande pas son départ.

"Fermez le ban": l'expression utilisée ce matin par le député Renaissance de Gironde Pascal Lavergne résume bien la tendance qui prévaut dans une partie de la majorité présidentielle sur l'affaire Caroline Cayeux.

La ministre des Collectivités territoriales a présenté ces excuses, ce jeudi, disant "regretter" les propos qu'elle avait tenus en 2013 sur la loi pour le mariage pour tous, parlant de "caprices" et de "dessein contre nature". Pourtant, en début de semaine, en voulant s'expliquer, elle avait choqué une partie de l'opinion publique en disant avoir "beaucoup d'amis parmis tous ces gens-là" pour évoquer les homosexuels et en maintenant ses propos de 2013.

Quelques jours plus tard, le ton est radicement différent: elle dit "comprendre" que les "propos stupides et maladroits" qu'elle avait tenus en 2013 "aient pu autant blesser".

"Je tiens ici à renouveler toutes mes excuses les plus sincères car ils ne reflètent pas du tout ma pensée", a ajouté l'ancienne maire de Beauvais.

"Une ministre au travail", "les choses sont claires" pour Borne

Vendredi, la Première minsitre, Elisabeth Borne, en marge d'un déplacement dans le Calvados a estimé, à la suite de ces excuses, que les choses étaient "désormais claires". Elle estime que les propos de 2013 de Caroline Cayeux sur le mariage pour tous sont "choquants", que l'interview donnée par Caroline Cayeux en début de semaine était une explication "maladroite" mais qu'elle "a eu l'occasion de s'expliquer pour présenter ses excuses aux personnes qui ont pu être choquées, pour réaffirmer qu'elle partageait totalement les valeurs progressistes que porte le président, que je porte et que porte mon gouvernement". Pour Elisabeth Borne, la nouvelle ministre est "au travail et concentrée sur sa mission".

Un volonté d'arrêter la polémique qui enfle dans la majorité depuis mardi, où certains se disaient "mal à l'aise" par les propos de la nouvelle ministre. Le ministre des transports Clément Beaune s'était dit "blessé" par les propos de Caroline Cayeux. Une tribune est d'ailleurs censée paraître ce dimanche dans le Journal du Dimanche. Signée par plusiers dizaines des parlementaires Renaissance et Horizons et certains anciens ministres, elle remet en cause le maintien au gouvernement de l'ancienne maire de Beauvais et adresse forme de "rappel à l'ordre" au gouvernement sur la question de l'homophobie.

"Il y a d'autres urgences absolues" pour Pascal Lavergne

Sur RMC, ce samedi matin, le député Renaissance de Gironde, Pascal Lavergne, s'est aussi dit "blessé" par les propos de la ministre des Collectivités territoriales, tout en étant "un garçon solide capable de résister à ce genre de remarques".. Quelques heures après les premiers propos de Caroline Cayeux, il avait tweeté disant "faire partie des ces gens-là" et jugeant son "expression (...) plus que regrettable." Mais il ne sera pas signataire de la tribune du JDD. "Je ne l'ai pas vu, je ne la signerai pas", explique-t-il.

"Je ne réclame pas la tête de Caroline Cayeux. On a parlé de la Gironde qui brûle: il y a d'autres urgences absolues en ce moment. Fermez le ban, il y a eu des excuses, terminé ! Il faut traiter les préoccupations des Français plus que les états d'âme des uns ou des autres. On est en guerre, on a une sécheresse, on a des incendies: il faut hiérarchiser les choses.", explique le député LREM.
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC