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Affaire Ciotti: "Avant on se haïssait, maintenant on déballe", l’ombre des rivalités politiques du Sud-Est

Le Parquet national financier a ouvert une enquête pour "détournement de fonds publics" concernant les emplois de l'ex-épouse d'Eric Ciotti, Caroline Magne.

Le Parquet national financier a ouvert une enquête mardi sur les emplois de l'ex-épouse d'Eric Ciotti. Et chez Les Républicains, certains crient au complot. En coulisses, les yeux se tournent vers le Sud-Est et plus précisément du côté des Alpes-Maritimes. Le fief électoral d’Eric Ciotti, candidat jusque-là favori à la présidence de LR.

"C’est le micro-climat du Sud qui s’invite dans la campagne", analyse une cadre du parti. "Les Muselier et Estrosi ont prévenu qu’ils feraient tout pour le tuer" va même jusqu’à accuser un parlementaire. Des allégations à ce stade invérifiables. Mais beaucoup voient en effet dans ces accusations contre l'ex-femme d'Eric Ciotti la main de ses anciens allié passés chez Macron. "Le niveau de violence là-bas est devenu stratosphérique depuis les législatives, assure un conseiller. Avant, on se haïssait entre ex-amis, maintenant on déballe."

"Personne ne veut un président de parti susceptible de passer ses matinées en garde à vue"

Quelles conséquences sur la course à la présidence des Républicains? Si officiellement, les adversaires d’Eric Ciotti et leur entourage ont martelé mardi ne pas vouloir exploiter politiquement cette affaire, il n'en fallait pas beaucoup plus pour que les langues se délient. "Cela aura forcément une incidence, personne ne veut un président de parti susceptible de passer ses matinées en garde à vue", lâche un cadre du parti.

"Les retours ne sont pas bons, les gens ne trouvent pas de boulot et sa femme de l’époque en cumulait trois…", avoue un responsable de fédération. Pour autant, personne ne parie sur la défaite d'Eric Ciotti. "Ce n’est pas le genre d’affaire qui déstabilise nos militants", veut croire un de ses soutiens. "Erreur", disent ses adversaires, pour lesquels "tout a changé depuis l’affaire Pénélope Fillon".

"Ils ne veulent pas que les Républicains se relèvent"

Les faits imputés à l’ex-épouse d’Eric Ciotti sont assez proches de ceux qu’on reprochait à Pénélope Fillon en 2017, même si le travail de la justice ne fait en réalité que commencer. Ce qui est sûr, c’est que le retour des affaires ne réjouit personne chez les Républicains.

"On a encore l’impression qu’on veut nous abattre, c’est toujours un coup du PNF", s’agace un député. Et beaucoup aussi s’interrogent: à qui profite le crime? Pourquoi ce timing? Pourquoi s’en prendre à celui qui a de vraies chances de devenir président du parti? Réponse sans hésitation d'une parlementaire: "C’est déjà l’après-Macron qui se joue, ils ne veulent pas que les Républicains se relèvent. C’est la spirale infernale".

Jérémy Trottin (édité par J.A.)