RMC

Avant Emmanuel Macron, ces présidents et politiques agressés

L'assassinat du président Sadi Carnot

L'assassinat du président Sadi Carnot - Le petit journal - Archives

La gifle reçue par Emmanuel Macron était la première violence physique exercée contre lui. Mais ce n’était pas la première gifle en politique, ni la première agression d’un président.

La gifle reçue par Emmanuel Macron mardi à Tain l’Hermitage est une première. C'est la première claque au sens propre pour un président de la République en exercice. Mais on se souvient aussi de celle reçue en Bretagne par Manuel Valls en 2017 alors qu’il venait de quitter Matignon. Un jeune de 18 ans, lui en avait collé une. Presque aussi forte que celle de mardi. Le jeune homme identitaire indépendantiste breton avait été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d'intérêt général. 

Ces dernières années de nombreux politiques ont reçu, non pas des gifles mais des tartes à la crème, des œufs, ou des tomates. Ce qui est aussi une forme de violence. François Fillon, Ségolène Royal, Jean-Pierre Chevènement ont eu le droit à des tartes. François Hollande à de la farine, Emmanuel Macron pas encore président à des œufs, Lionel Jospin à du Ketchup. 

Toujours dans ce registre, Nicolas Sarkozy, président en exercice avait été attrapé violemment par le revers de sa veste à Brax dans le Lot-et-Garonne en 2011. L’auteur du geste avait été condamné à six mois avec sursis, une obligation de soin et deux jours de stage citoyen. Les juges n'avaient donc pas considéré dans ce cas que porter la main sur le président était un acte qui méritait de la prison ferme… 

>> A LIRE AUSSI - Emmanuel Macron giflé: que risque l'homme qui a visé le Président?

Jacques Chirac lui avait été victime d’une tentative d’attentat

Pendant le défilé du 14 juillet en 2002, un jeune homme de 25 ans avait tiré sur la voiture de Jacques Chirac sans l’atteindre avec une carabine 22 long rifle. Il avait aussitôt été maîtrisé par les spectateurs du défilé. Ce garçon s’appelait Maxime Brunerie, c’était un militant d'extrême droite, membre du mouvement Unité Radicale et habitué du "Kop of Boulogne" une association de supporters du PSG dissoute depuis. Il avait revendiqué son acte le matin en signant 88, soit "Heil Hitler". Maxime Brunerie a été condamné à 10 ans de prison, libéré au bout de sept. Il a regretté son acte, avant d'être recondamné pour violences conjugales. 

Auparavant le général de Gaulle avait été victime de plusieurs attentats 

Le général De Gaulle a lui été visé par au moins deux et plusieurs tentatives sérieuses ont été déjouées. C’était une autre époque, celle de la guerre d'Algérie. Les hommes de l’OAS, partisans de l'Algérie Française, étaient déterminés à assassiner le président. Ils ont même une fois acheté une maison sur la route de Colombey-les-Deux-Églises, pour tirer depuis cette maison, mais ils se sont fait prendre avant. 

Une autre fois, des terroristes ont réussi à faire exploser un engin sur la même route. La voiture présidentielle a traversé les flammes mais il n’y a pas eu de victimes. A ce moment-là, lorsque le général de Gaulle se déplaçait en province, il y avait plus de 6.000 hommes pour le protéger parmi lesquels des militaires policiers et gendarmes.

Malgré tout, le 22 août 1962, un commando de 12 hommes réussit à ouvrir le feu sur le convoi présidentiel au Petit-Clamart, en banlieue parisienne. 187 balles ont été tirées. 10 ont atteint la DS présidentielle, une s’est fichée à 5 centimètre de la tête du président qui était alors accompagné de sa femme, Yvonne. Les membres du commando ont tous été arrêtés. Leur chef le colonel Bastien Thiry a été condamné à mort et exécuté. C’est le dernier fusillé de l’histoire de France. De Gaulle n’a pas voulu le gracier, parce qu’il avait tiré sur une voiture a bord de laquelle se trouvait une femme. 

>> A LIRE AUSSI - Macron giflé dans la Drôme: ce que l'on sait des deux personnes en garde à vue

Deux présidents assassinés

Deux chef d’Etat français ont été assassinés dans l’exercice. Le président Paul Doumer en février 1932. Il visitait un salon du livre à Paris lorsqu’un immigré Russe, médecin exalté lui a tiré dessus pour d'obscures raisons. Paul Doumer est mort à l'hôpital. C’était le seul président de l’histoire de France issue de la classe ouvrière. Il avait commencé à travailler à 12 ans, avant de faire des études en cours du soir et en devenant prof de maths à Mende en Lozère. Il avait 8 enfants mais quatre de ses fils sont morts pendant la guerre 14-18. Son assassin, Paul Gorgulov a été guillotiné 7 mois plus tard. 

L’autre président assassiné, c’est Sadi Carnot, à Lyon en juin 1894. Poignardé dans son carrosse par un anarchiste Italien de 20 ans qui lui reprochait de ne pas avoir gracié trois autres anarchistes. Le jeune italien a été guillotiné un mois plus tard. La justice était assez rapide à cette époque.

Nicolas Poincaré