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"Bonjour, c'est Eric Zemmour": comment les candidats débarquent sur les messageries

Les candidats à l'élection présidentielle font du démarchage téléphonique dans la dernière ligne droite avant le premier tour. Mais ont-ils le droit?

Des SMS, des appels de militants ou des messages préenregistrés laissés sur votre boîte vocale... De nombreux électeurs ont été sollicités ces derniers jours par les équipes de campagne des candidats à l'élection présidentielle, sur leur téléphone. Certains prétendants à l'Elysée ont en effet décidé d'utiliser le démarchage téléphonique pour tenter de convaincre à voter pour eux dimanche. Mais est-ce vraiment légal?

Par exemple, il y a deux jours, Séverine reçoit un message un peu particulier sur son répondeur: "Bonjour ! C'est Eric Zemmour, votre candidat à l'élection présidentielle. Je vous appelle car nous allons vivre dimanche un jour historique. Vous avez l’avenir de la France entre vos mains..."

Un message préenregistré où Eric Zemmour appelle à voter pour lui. Sauf que cette mère au foyer habitant le Nord n'a jamais donné son numéro à l'équipe du candidat: "Je ne vais pas sur les sites des candidats, je n'ai pas envie qu'on m'appelle pour me dire de voter pour eux. je veux prendre ma décision par moi-même!".

Une pratique classique en période électorale

L'équipe d'Eric Zemmour reconnait qu'un millier de bénévoles sont mobilisés pour rentrer en contact avec les électeurs. Et si votre téléphone sonne, c'est que votre numéro figure dans une base de données qui s'achète ou même qui se loue. Cette pratique est légale à condition que vous soyez informés de votre droit de refuser le démarchage.

Eric Zemmour n'est pas le seul à utiliser le téléphone pour faire campagne. C'est une pratique classique en période électorale. Pour récupérer les numéros de Français, les équipes de campagne font appel à des prestataires privés. L'équipe de Valérie Pécresse sous-traite notamment depuis quelques jours l'envoi de messages pré-enregistrés à une société spécialisée.

La Cnil, la commission informatique et libertés, a reçu une centaine de signalements ou de plaintes concernant les pratiques de démarchage de cette campagne présidentielle.

Pierrick Bonno (édité par J.A.)