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Cabinets de conseil: "8.000 euros la journée", l’amère expérience d’un dirigeant d’entreprise

Les cabinets de conseil, largement sollicités par le gouvernement depuis 2017, sont désormais pointés du doigt pour leur inefficacité et des rapports de mission limités, malgré une facturation importante. Dans "Les Grandes Gueules" ce jeudi sur RMC, le dirigeant d'une entreprise qui avait demandé un rapport à un cabinet de conseil, a raconté son amère expérience.

Sale temps pour les cabinets de conseil. Largement sollicités par le gouvernement, alors que certains sont dans le viseur pour n'avoir pas payé d'impôts en France pendant dix ans, les cabinets de conseil sont désormais pointés du doigt pour la qualité de leur travail.

Car les témoignages se multiplient concernant des missions onéreuses pour des résultats limités, voire douteux. "J'ai été chef d'entreprise dans une belle boîte. Quand je suis devenu directeur opérationnel, on m'a demandé de faire un audit par un cabinet de conseil pour le développement du marché nord-américain", raconte Dominique, un auditeur, ce jeudi dans les "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story.

"Le cabinet de conseil a fait dix jours d'intervention pour 8.000 euros la journée, donc 80.000 balles. Quand ils ont rendu les 11 pages du rapport, il y avait deux pages écrites par moi", raconte-t-il.

"Ils ont ressorti ce que j'avais écrit personnellement"

"Ils sont forts, ils sont allés pêcher des informations dans les dossiers de l'entreprise. Ils ont ressorti ce que j'avais écrit personnellement. Quand je leur ai fait remarquer, le type en face de moi était mal à l'aise. Ils ont accepté de nous faire un rabais sur la facture, mais voilà ce que sont aujourd'hui les cabinets de conseil", déplore Dominique.

Et quand il s'agit d'argent public, la pilule est dure à avaler pour le contribuable. Tout acommencé avec l'audition devant le Sénat en janvier dernier du directeur associé de McKinsey France, Karim Tadjeddine. Interrogé par la sénatrice communiste Eliane Assassi, à propos d'un contrat de 496.800 euros facturé à l'Education nationale et les résultats de cette étude, il avait paru mal à l'aise, évoquant "l’organisation d’un séminaire, pour réfléchir à l'évolution du secteur de l'enseignement et les réflexions à avoir autour du métier d'enseignant".

La liste des déboires s'allonge

Récemment, c'est la "commission des 1.000 premiers jours de l’enfant", qui après un an de travail bénévole, a eu la désagréable surprise de voir que le gouvernement avait également missionné le cabinet de conseils Roland Berger sur le sujet, pour la modique somme de 425.000 euros.

Ce jeudi, RMC révélait comment des dizaines de milliers de personnes étaient privées d'APL après une réforme pilotée par McKinsey pour 4 millions d'euros. La CAF, chargée du versement de ces allocations, reconnaît elle-même "qu'à la suite de la réforme, des anomalies et des problèmes informatiques ont pu engendrer des retards dans le traitement de certains dossiers". Des APL déjà amputées de 5 euros, sur les conseils du même McKinsey.

La boîte de conseil américaine cristallise les tensions, notamment après les révélations sur l'absence de paiement d'impôt sur les sociétés pendant dix ans. Et la liste des ratés s'allonge pour le cabinet McKinsey, qui avait pourtant piloté avec une certaine réussite la campagne de vaccination en France. Insuffisant pour effacer les déboires et les récentes polémiques. Mercredi, le Parquet national financier a annoncé qu'une enquête avait été ouverte contre le cabinet américain sur des pratiques "d'optimisation fiscale".

G.D.