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Ce que les étrangers pensent du 1er tour des régionales: les Belges incrédules devant le score du FN

La Une du Soir au lendemain du premier tour des élections régionales en France

La Une du Soir au lendemain du premier tour des élections régionales en France - AFP

REPORTAGE - Toute la semaine, RMC va se rendre à l'étranger pour savoir comment les autres pays perçoivent ce qui se passe en France, savoir comment ces élections régionales sont commentées. Ce mardi, direction la Belgique, un pays qui a de nombreuses relations avec le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, région où Marine Le Pen est largement arrivée en tête dimanche soir.

Marine Le Pen jubile au lendemain du premier tour des élections régionales. Son parti est en tête dans trois régions et pourrait en remporter six dimanche prochain, au soir du second tour de ce scrutin intermédiaire. Une percée historique du Front national qui préoccupe à l'étranger. Notamment en Belgique où, comme a pu le constater RMC, les scores du parti d'extrême droite font la Une des journaux.

A la radio, à la télé, le Front national est partout. Les médias belges ont envoyé leurs journalistes à Hénin-Beaumont, en Alsace ou encore en Avignon. Et dans la rue, dès qu'un Belge reconnaît l'accent français, immédiatement il parle de Marine Le Pen, de son score, mais aussi de Marion Maréchal-Le Pen. "On vous adore mais on vous en veut parce que là on se demande comment vous pourrez défendre vos droits de l'homme et l'idée universaliste de la France", s'interroge Véronique.

"Cela nous interpelle fortement"

Et de poser une autre question aux Français: "Comment avez-vous pu laisser venir ça?" Cette montée du FN inquiète donc nos voisins belges. D'autant plus qu'aujourd’hui dans la Belgique francophone l’extrême droite n’existe quasiment pas. Mais les choses pourraient changer met en garde Christophe Berti le rédacteur en chef du quotidien Le Soir: "On se dit souvent que ce qui arrive en France peut nous arriver aussi".

Et de préciser: "Les conditions socio-économiques sont sensiblement les mêmes. Ajouter le terrorisme et les migrants, cela fait un terreau qui, pour moi, fait qu'en Belgique on pourrait très bien avoir ce qui s'est passé en France. On ne doit pas regarder ce qui se passe chez vous en se disant 'Qu'ils se débrouillent'. Non, c'est quelque chose qui nous interpelle fortement". Il faut savoir qu’en Belgique, les grands médias ne donnent pas la parole à l’extrême droite. Ils évoquent un cordon sanitaire, une sorte de pacte qu’ils ont tous signé il y a plusieurs années.

Maxime Ricard avec Céline Martelet