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Chantage à la sextape: placé en garde à vue, Gaël Perdriau va être exclu de LR

Gaël Perdriau.

Gaël Perdriau. - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Accusé de "chantage aggravé", Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne, a été placé en garde à vue et est visé par une procédure d'exclusion des Républicains (LR).

La présidente par intérim des Républicains Annie Genevard a lancé ce mardi une procédure d'exclusion à l'encontre du maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau, accusé de "chantage aggravé" par son ex-premier adjoint Gilles Artigues après des révélations de Mediapart sur des pressions présumées à la sextape.

Placé en garde à vue

Cette exclusion "sera prochainement validée par le bureau politique du parti", a précisé LR dans un communiqué, alors que le maire de Saint-Etienne a été placé en garde à vue ce mardi à Lyon avec quatre membres de son équipe. Il s'était fait excuser mardi matin d'un point presse à Saint Etienne en faisant savoir qu'il était "auditionné à sa demande" et "pour que la vérité éclate" face à ces accusations, comme l'a expliqué son premier adjoint Jean-Pierre Berger.

LR rappelle que l'ancien vice-président des Républicains avait été démis de ses fonctions en décembre 2021 par Christian Jacob, après ses propos critiques à l'égard de Valérie Pécresse et Eric Ciotti.

"S'il revient désormais à la justice, au vu des dernières révélations de ce lundi, de se prononcer sur la culpabilité et le degré d'implication de M. Perdriau, Les Républicains ne peuvent que condamner les méthodes ignobles utilisées par le maire de Saint-Etienne à l'encontre d'un rival politique", explique LR pour justifier cette exclusion.

"Ces méthodes sont indignes d'un élu de la République et de tels actes sont totalement contraires aux valeurs portées et défendues par Les Républicains au sein du débat public", a ajouté LR.

Le parquet de Lyon a ouvert début septembre une information judiciaire sur cette affaire concernant le tournage et l'usage d'une vidéo à caractère sexuel enregistrée en 2014 pendant que Gilles Artigues, ex-premier adjoint municipal et ex-député connu pour son engagement catholique, se faisait masser par un homme dans une chambre d'hôtel à Paris.

Cette enquête pour "atteinte à l'intimité de la vie privée, chantage aggravé, soustraction de bien public par une personne chargée d'une fonction publique, abus de confiance et recel de ces infractions" a été lancée après une plainte de Gilles Artigues, visant nommément le maire, l'un de ses adjoints et l'amant de cet adjoint.

Le site d'information Mediapart qui avait révélé l'affaire en publiant des confessions détaillées de l'amant de l'adjoint sur un "barbouzage de moeurs" à Saint-Etienne, a mis en ligne lundi des enregistrements accablants pour l'élu de 50 ans et son directeur de cabinet.

LP avec AFP