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Chantage à la sextape: le conseil municipal de Saint-Etienne a été très agité

Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, est secoué par l'affaire de chantage à la sextape visant l'un de ses anciens adjoints. Il brandit la carte de la présomption d'innocence et ne compte pas démissionner.

Comme prévu, le conseil municipal de Saint-Etienne a été agité lundi soir. Une affaire de chantage politique à la sextape secoue la ville depuis un mois. A la suite de révélations de Mediapart, le maire de la ville, Gaël Perdriau (LR) a été placé en garde à vue le 13 septembre pour son possible rôle dans un chantage à la sextape effectué sur l'un de ses anciens adjoints.

Une enquête judiciaire a été ouverte après une plainte de Gilles Artigues, pour déterminer dans quel cadre a été réalisée la vidéo en question, tournée en janvier 2015, dans laquelle on voit cet ex-député se faire masser par un homme dans une chambre d'hôtel à Paris.

"Ce n'est pas parce qu'on est accusé qu'on est coupable"

Lors du conseil municipal, Gaël Perdriau, qui s'est mis en retrait de la métropole mais pas de la ville, a balayé les critiques en appelant au respect de la présomption d'innocence. Durant les plusieurs heures de débats, en partie monopolisées par l'affaire, Gaël Perdriau n’a pas flanché et maintient sa position.

"A ce jour, toutes les personnes citées sont innocentes", a-t-il lancé. "Je ne suis pas à l’initiative d’une telle entreprise, je n'ai jamais eu ni vu cette vidéo, je ne l’ai jamais utilisée contre les intérêts de Gilles Artigues, que j’ai toujours défendu et soutenu depuis 2012 sans l’empêcher à participer à quelques échéances que ce soit (...) Ce n'est pas parce qu'on est accusé qu'on est coupable".

Le maire est soutenu par son équipe. Pour Nicole Peycelon, adjointe à la sécurité, l’essentiel a été assuré. "On a pu prendre les décisions concernant les stéphanois, les associations, c'est l'essentiel et c'est ce qu'il fallait sauvegarder."

Une position regrettée par Lionel Boucher, adjoint aux animations, seul membre de la majorité à demander la démission du maire.

"C'est un système, et le principe d'un système est de perdurer. Je veux que celui qui en est à la tête s'aperçoive que sa légitimité est contrariée", lance-t-il.

"Il ne peut plus représenter les valeurs que doivent représenter un élu"

L’opposition, elle, s’en est donnée à cœur joie, comme Laetitia Valentin, conseillère communale. "On se construit par l'exemple. L'éducation c'est l'exemple. C'est quoi cet exemple? Il ne peut plus représenter les valeurs que doivent représenter un élu", tacle-t-elle.

Devant l’hôtel de ville, environ 150 personnes ont manifesté pour demander, également, le départ du maire.

Vincent Chevalier (édité par J.A.)