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Comment François Hollande espère continuer à peser à gauche

L'ancien président de la République François Hollande a pris de la hauteur sur le monde politique, mais ne l'a jamais vraiment quitté et veut continuer à peser à gauche.

François Hollande enchaîne les interventions médiatiques pour la promotion de son livre, Bouleversements, comme ce mardi matin sur RMC-BFMTV, et il en profite pour exprimer sa défiance envers la Nupes. "Sa parole compte toujours, c'est l'affirmation d'un socialisme à la française, d'une gauche de solution gouvernementale", se réjouit un ancien ministre. Même ses détracteurs au sein du parti le reconnaissent: "Sa parole est précieuse, notamment sur l'international, c'est un excellent analyste", admettent plusieurs socialistes.

Mais pour une partie du PS, pas convaincue par l'alliance à gauche, François Hollande a encore un rôle plus concret à jouer: aider à se détacher de l'influence des insoumis. D'abord en pesant sur le Congrès, prévu dans quelques mois.

Un nouveau courant hors-Nupes autour de Cazeneuve?

Et si le rapport de force ne s'inverse pas au sein du parti, certains envisagent même la création d'un mouvement politique de gauche, hors-Nupes, porté par l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.

"François Hollande peut avoir un rôle de soutien très important", estime un proche de Bernard Cazeneuve. "Il est dans la transmission, il peut travailler pour les autres" espère-t-il.

"Hollande veut contribuer à retrouver la gloire du PS", assure un sénateur qui laisse même la porte ouverte à une candidature de François Hollande en 2027. "Il aura 73 ans, c'est pas tout jeune. Mais Hollande n'exclut jamais rien", glisse ce socialiste.

D'autres du PS désabusés face aux prises de position de François Hollande

"François Hollande, c'est l'ex-gênant dont on n'arrive pas à se débarrasser", tance une cadre du PS. Chez les socialistes de la nouvelle génération, les critiques pleuvent contre l'ancien Président, accusé de ne pas prendre pleinement sa part de responsabilité dans l'affaiblissement du parti.

"François Hollande appartient au passé. Je ne renie pas son bilan, mais il faut qu'il prenne le large", juge un néo-député. "Je ne sens pas une aspiration populaire pour lui", grince ce jeune socialiste. Selon lui, l'ancien Président ne comprend pas que la donne a changé avec l'arrivée de la Nupes.

Un autre député soupire: "C'est sans fin. Cette espérance éternelle d'un retour. Tout ça me paraît vain, ça me fait plus de peine qu'autre chose. Et ce n'est pas audible."

Romain Cluzel (édité par J.A.)