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Débat Macron-Le Pen: ce qu'a révélé le langage corporel des candidats

S'il a été bien plus apaisé qu'en 2017, le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, a quand même eu son lot de petites attaques et de moments de tension. Un exercice toujours particulier alors que les candidats doivent maîtriser à la fois leur attitude gestuelle et leurs mots. Et en cinq ans, il y a eu beaucoup de changement selon Elodie Mielczareck, spécialiste du langage verbal et non-verbal.

Qui sort gagnant du débat de mercredi soir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen? Selon un sondage Elabe, c'est le président sortant qui aurait été le plus convaincant pour 59% des téléspectateurs.

Élodie Mielczareck, sémiologue, spécialiste du langage verbal et non verbal, a regardé le débat et livré son analyse dans Apolline matin ce jeudi sur RMC. Et si elle ne sait pas si un candidat ou l’autre est sorti gagnant, elle a remarqué certaines attitudes et tenté de les décrypter.

“Emmanuel Macron a eu beaucoup d’auto-contact, par exemple la main qui est devant la bouche, sous le menton. Souvent les auto-contacts ce n’est pas ce qu’il y a de plus télégénique. On est plutôt ici sur une volonté de prise de recul. Il est dans une posture qui est un petit peu plus analytique”, appuie-t-elle.

Emmanuel Macron plus offensif, Marine Le Pen moins stressée

Ce qui a souvent été reproché au président de la République tout au long de son mandat, c’est l’attitude méprisante, moralisatrice qu’il a pu avoir à plusieurs reprises. Mais pour Élodie Mielczareck, il a réussi à cacher cela mercredi soir.

“Quand vous regardiez le débat de 2017, il y avait beaucoup d’items qui sont codifiés. Typiquement un des items du mépris qui est reconnu de manière universelle, c’est d’avoir un petit sourire, mais asymétrique et ça Emmanuel Macron en faisait énormément, on peut presque parler de rictus qui revenait de manière assez permanente dans sa communication. Ça, c’est quelque chose qui a assez disparu de son langage corporel tout comme le menton relevé, qui révèle un positionnement hiérarchique”, détaille-t-elle.

L’attitude de la candidate du Rassemblement national a beaucoup changé depuis le précédent exercice en 2017. “Chez Marine Le Pen, on voyait il y a cinq ans beaucoup de stress. Mais cette fois-ci, on a plus du tout retrouvé d’items de stress”, appuie-t-elle.

Pour résumer, Emmanuel Macron a été bien plus offensif que Marine Le Pen mercredi soir. “Emmanuel Macron a eu des tournures directes comme “vous mentez sur la marchandise”, “vous n’êtes pas honnête, moi j’explique”, “votre programme n’a ni queue ni tête”. Donc ce sont des invectives directes. Et de l’autre côté, Marine Le Pen avait des structures de discours très à distance. Emmanuel Macron était plus à l’offensive et elle était plus dans quelque chose de subi”, assure Élodie Mielczareck.

Guillaume Descours