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Discours, invités surprises, "drague" de l'UDI: les coulisses du cocktail de la majorité à Matignon

Entre la réforme des retraites ou celle de l'allocation chômage, les prochaines semaines s'annoncent agitées pour la majorité. Un cocktail a été organisé ce lundi soir à Matignon, avec quelque 200 convives, des députés et sénateurs de la majorité, les présidents de groupe, quelques ministres et des membres de l'UDI notamment. Objectif: resserrer les troupes et mobiliser.

Quelque 200 convives étaient présents dans l'un des grands salons de Matignon, ce lundi soir, pour un cocktail. Dans l'assistance, il y avait des députés et des sénateurs de la majorité, tous les présidents de groupe et plusieurs ministres, dont Éric Dupond-Moretti, présent malgré ses ennuis judiciaires. Le buffet était "plutôt bien garni" et l'ambiance conviviale et détendue, d'après les invités. Pour autant, les vacheries n'étaient pas très loin... "Elle se met tout devant, à côté d'Élisabeth Borne, on dirait une cigogne", se marre un sénateur, parlant à propos de Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale.

"C'était d'un classique à pleurer"

La Première ministre a tout de même parlé politique, dans un discours assez bref, avec deux mots-clés: transparence et cohésion. Une prise de parole pour mobiliser, sans aucune allusion aux sujets qui fâchent. "Honnêtement, rien de très intéressant, c'était d'un classique à pleurer" déplorent deux parlementaires. 

La Première ministre appelle à l'unité de la majorité, alors que s'ouvrent de nombreux débats. Les prochaines semaines devraient être agitées pour faire passer le budget, la réforme de l'allocation chômage ou encore celle des retraites.

Parmi les invités, quelques surprises. Plusieurs sénateurs issus de l'UDI et du centre-gauche étaient présents. Ils ont été invités en personne par Élisabeth Borne.

Des invités qui ne boudent pas leur plaisir

"Alors, tu nous rejoins?", lance, un brin moqueur, un député Modem à l'un des sénateurs de passage. Un autre parlementaire s'emporte: "Les macronistes étaient en minorité hier (lundi)!".

Ces invités ne boudent pas leur plaisir d'avoir été conviés. "On ne va pas se plaindre d'être bien traités. Ça fait cinq ans qu'on est un peu triquard, qu'on n'avait pas besoin de nous. Là, la situation parlementaire étant ce qu’elle est, le gouvernement discute avec nous. On ne va pas refuser de causer", affirme un sénateur.

"Elle veut les amadouer"

L'opération drague de l'UDI est clairement lancée, avec l'espoir pour Horizons, le parti d'Édouard Philippe, de récupérer quelques troupes supplémentaires dans la coalition gouvernementale. 

Un député Modem renchérit: "Si on sait leur parler, idéologiquement, ces gens-là sont chez nous". Mais un cadre de Renaissance reste dubitatif: "Elle veut les amadouer, certains voteront des textes mais sans rejoindre la majorité".  

AB avec Romain Cluzel