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Dommage de voir que le premier reniement du quinquennat Macron, c’est sur l’égalité femme-homme

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Alors qu’il s’y était engagé, Emmanuel Macron n’a pas dédié de ministère au droit des femmes. Marlène Schiappa hérite finalement d’un secrétariat d’Etat. Même si la parité est respectée dans le gouvernement d’Edouard Philippe, cela reste un mauvais signal selon Fatima El Ouasdi, président de l’association Politiquelles.

Fatima El Ouasdi est présidente-fondatrice de l’association Politiquelles.

"Pour moi c’est un reniement. Emmanuel Macron s’était engagé par l’intermédiaire de Marlène Schiappa qui était sa référente sur le sujet, à faire un ministère du droit des femmes de plein exercice, et non pas un secrétariat d’Etat. Même si je connais Marlène Schiappa et que je la sais très engagée, c’est dommage de voir que le premier reniement du quinquennat Macron, c’est sur l’égalité femme-homme. Il ne tient pas sa promesse.

Avoir un ministère, ça change tout. D’abord d’un point de vue budgétaire. Ensuite, ça montre une volonté politique. Reléguer l’égalité femme-homme à quelque chose de secondaire qui ne mériterait pas le statut d’un ministère d’Etat, ça pose problème. Quand François Hollande était revenu là-dessus en passant d’un ministère à un secrétaire d’état avec Pascale Boistard, notre association était déjà montée au créneau pour dénoncer un recul de la volonté politique du gouvernement.

Malheureusement, l’ambition du président Macron, qui était d’en faire une grande cause de l’Etat, à l’instar de ce qu’on voit contre la violence routière avec des affiches placardées partout, et bien j’ai peur que ce ne soit pas le cas. Parce qu’on ne va pas donner les moyens suffisants pour l’égalité.

"Les appareils partisans continuent de compresser le rôle des femmes"

Que l’égalité femme-homme soit reléguée derrière les autres, ce n’est pas surprenant. D’ailleurs, moi je n’y croyais pas, je me doutais qu’on n’aurait pas de ministère du droit des femmes. J’espérais me tromper. En mars, il s’est dit féministe, il avait même déclaré qu’il aurait aimé pouvoir nommer une femme Premier ministre.

Les appareils partisans continuent de compresser le rôle des femmes. Dans les ministres d’Etat, il n’y a que deux hommes: Gérard Collomb et Nicolas Hulot. La première femme dans l’ordre protocolaire est 4e, c’est Sylvie Goulard, qui a quand même le prote-feuille régalien des armées. On peut toujours mieux faire, mais on est très déçu".

Propos recueillis par Antoine Maes