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Douze lycées parisiens pourraient expérimenter le vote dès 16 ans

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Les élèves seraient mis dans les conditions réelles d'un vote. Pour les élèves, ce serait une occasion de s'intéresser un peu plus à la politique et faire entendre leurs voix.

La maire de Paris Anne Hidalgo veut expérimenter le vote dès 16 ans. Un vote fictif va être organisé dans douze lycées municipaux avant le 26 mai a-t-elle annoncé dans Le Monde. Cette expérimentation toucherait au total quelque 3000 élèves. Et ce vote aurait tout d’un vrai vote. Isoloir, urne, bulletin de vote... L’objectif serait de lutter contre l’abstention, très forte chez les jeunes. 

Issa, 16 ans, n'a jamais mis les pieds dans un bureau de vote, ne sait pas ce qu'est un député européen... Mais cet élève de première se réjouit de participer à ce scrutin fictif.

"Ca permet aux élèves d’aussi voter, parce qu’on a pas de mots à dire dans tout ça. Ce n’est pas juste qu’il y ait que les adultes qui peuvent voter et pas nous", explique-t-il.

Compter dans le débat public, mais aussi le suivre, pour Mohammed, 17 ans, tout est lié. "Comme ça on s’intéresserait plus à la politique, on suivrait plus ce qui se passe. Pour l’instant, on ne peut rien faire en fait", précise-t-il.

Lutter contre l'abstention

Les élèves seront sensibilisés avant le vote avec deux heures de questions réponses qui seront mises en place. Cette expérimentation permettra selon Céline Braconnier, directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye de lutter contre l'abstention des plus jeunes.

"Le vote, c’est une habitude qui s’acquière. Il faut l’avoir pratiqué plusieurs fois d’affilé pour devenir un citoyen un peu constant. Si on se rend, comme ça a été le cas en Autriche, qu’à 16 lorsqu’on est accompagné, on vote beaucoup plus qu’à 18 ans quand on n’est pas accompagné, il y aura peut-être des leçons à tirer de ces expérimentations", affirme-t-elle. 

Aux dernières élections européennes seul un quart des 18/25 a glissé un bulletin dans l'urne. Le dispositif doit cependant encore être validé par le ministère de l'Education.

Juliette Pietraszewki et Caroline Philippe avec Guillaume Descours