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Elections régionales et départementales: la crainte d’une abstention record

La probable abstention record s’explique par le déconfinement, une météo très ensoleillée et une campagne ralentie par la crise sanitaire.

La probable abstention record s’explique par le déconfinement, une météo très ensoleillée et une campagne ralentie par la crise sanitaire. - RMC

Selon les estimations de l'IFOP, le taux d'abstention pourrait atteindre un record absolu de 60% lors des élections départementales et régionales (20 et 27 juin). A cause notamment de la météo ensoleillée, la volonté de profiter du déconfinement et une campagne électorale perturbée par la crise sanitaire. Depuis une vingtaine d’années, l’abstention ne cesse d’augmenter en France.

Le premier tour des élections régionales et départementales se tient le dimanche 20 juin. Ce scrutin va permettre de renouveler les mandats de plus de 1.700 conseillers régionaux et de plus de 4.000 conseillers départementaux.

Mais les Français risquent de ne pas se bousculer dans les bureaux de votes. Selon les estimations de l'IFOP, le taux d'abstention pourrait cette fois atteindre un record absolu de 60%.

"Important d’aller s’exprimer"

"Avec la réouverture des bars, je préfère profiter de mon dimanche de repos au soleil, plutôt que d’aller voter, même si ça ne prend pas longtemps", avoue Romain, rencontré à Paris par RMC.

"On a l’impression que l’on reste dans quelque chose qui existe depuis toujours. Les politiques disent toujours qu’ils vont changer les choses, mais finalement c’est toujours pareil", déplore de son côté Lara, qui ira voter mais qui n’a pas encore choisi sa liste. "C’est un devoir de citoyen, quel que soit son orientation. C’est important d’aller s’exprimer", estime en revanche Yannick, retraité.

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"Une tendance à une démocratie de l’abstention"

Cette probable abstention record s’explique par le déconfinement, une météo très ensoleillée, mais aussi par une campagne ralentie par la crise sanitaire. "Ce sont des élections sous crise Covid. Ça n’a sans doute pas permis les modalités les plus classiques des campagnes électorales, comme aller tracter sur les marchés, aller à la rencontre des citoyens en direct", analyse le politologue Bruno Cautrès.

Mais selon lui, le désintérêt des électeurs pour ce scrutin n’est pas une nouveauté.

"Ces élections départementales et régionales s’inscrivent dans une tendance à une 'démocratie de l’abstention'. On pourrait presque dire une 'démocratique de l’intermittence politique', car les gens vont voter à une élection, puis pas à la suivante, au premier tour puis pas au second tour", développe-t-il encore. Il estime également que la campagne électorale s'est trop concentrée sur les alliances, les personnalités et les questions nationales, au lieu des vrais enjeux régionaux.

En 2010 et 2015, une abstention entre 50 et 56%

En 2015, les élections départementales ou régionales avaient enregistré une participation en légère hausse. Mais depuis une vingtaine d’années, l’abstention progresse en France. Les seconds tours des deux dernières élections régionales (2010 et 2015) comme des départementales (2011 et 2015) avaient oscillé entre 50 % et près de 56 % d’abstention.

Garance Munoz et Alexandra Sirgant