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Gifle, farine, tensions... Pourquoi la campagne des élections régionales est-elle aussi violente?

La campagne pour les élections régionales (20 juin) se déroule dans un climat tendu, voire violent, en témoignent la gifle reçue par Emmanuel Macron, la farine lancée sur Jean-Luc Mélenchon et François de Rugy ou encore l’altercation entre Éric Dupond-Moretti et Damien Rieu, candidat du RN. Une ambiance électrique qui a plusieurs explications.

A moins d'une semaine du premier tour des élections régionales (20 juin), le climat est électrique: Jean-Luc Mélenchon et François de Rugy ont été enfarinés durant le week-end, un candidat du RN du canton d’Arles, Enzo Alias, a été agressé vendredi, la France insoumise a été menacée par le youtubeur d’extrême droite "Papacito" le week-end dernier et Emmanuel Macron a été giflé mardi lors d’une visite dans la Drôme.

Et la liste est longue. Dans l’Indre, des croix gammées ont été taguées sur des panneaux électoraux, à Limoges, un candidat a été victime d'insultes racistes sur un marché, ou encore le clash entre Éric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, et Damien Rieu, candidat du Rassemblement National dans la Somme, à la terrasse d'un café.

Désaffection profonde pour la classe politique

"Comment on peut en arriver là?", s'indigne un élu de la majorité. Il y a plusieurs raisons: la violence, qu'Emmanuel Macron appelle "ensauvagement", des publications sur les réseaux sociaux, ou encore le déconfinement.

Malgré l'euphorie que traverse le pays après la deuxième étape de déconfinement, de vieilles peurs resurgissent, entre rejet de la politique et invectives

Mais ce n’est pas tout: "Depuis la crise des gilets jaunes, il y a une sorte de désaffection des Français pour leur classe politique. L’élection d’Emmanuel Macron, c’était aussi une manière de dire que les électeurs tournaient le dos aux partis traditionnels, qu’ils ne faisaient plus confiance aux politiques. C’est le symptôme de quelque chose de très profond", estime Jean Garrigues, historien et président du comité d'histoire parlementaire.

Cette violence se confirme également en chiffres. Près de 1.300 agressions ont été recensées contre des élus en 2020, selon le ministère de l'Intérieur, soit en moyenne trois par jour.

Paul Barcelonne (avec LL)