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Épidémies: Philippe Juvin veut de la "transparence" et demande à tirer les leçons du Covid

Le député LR et médecin, Philippe Juvin, était l'invité de la Matinale week-end de RMC. Questionné sur le Covid et la variole du singe, il demande de tirer les leçons de la gestion de crise de la pandémie, souhaite une plus grande transparence et confiance envers les Français et demande un plan pour les malades qui ont vu des reports de soins pendant le Covid.

Fin de partie pour l'état d'urgence sanitaire. Après près de deux ans et demi de pandémie de Covid-19, les mesures d'exceptions mises en place pour lutter contre le virus s'arrêteront ce dimanche à minuit. A partir de lundi, et du début du mois d'août, retour à la normalité: plus de masque obligatoire, plus de pass sanitaire, plus de possibilité de confinement ou de couvre-feu. Pour le député Philippe Juvin, invité de la Matinale week-end de RMC, cela n'empêche pas au gouvernement de prendre des mesures notamment sur les contrôles aux frontières.

Juvin veut un plan de rattrapage des traitements reportés à cause du Covid

Mais celui qui est aussi chef des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou prévient: "l'épidémie n'est pas terminée, il y a encore un certain nombre de lits d'hospitalisations pris par le Covid, et cette épidémie va laisser des traces sur certaines catégories de patients". Philippe Juvin cite notamment les Covid longs: "en tant que médecin, je ne sais pas où envoyer les Covid longs. Ils ont des difficultés de concentration, des troubles de la mémoire, des douleurs résiduelles. Il n'y a pas ou pas suffisemment de consultations spécialisées".

Autre sujet d'inquiétude pour Philippe Juvin, les reports de traitements pour "des millions de Français" qui ont une autre pathologie, comme "les cancers, les greffes, les maladies du cœur, les maladies psychiatrique": "ces malades vont se dégrader. On risque d'avoir des milliers de morts dans les prochaines années car pas diagnostiqués, pas traités."

"Il faut pour cette cohorte de gens laissés à l'abandon, un plan national de rattrapage" demande Philippe Juvin au nouveau ministre de la santé François Braun, qui doit "se saisir de cette affaire".

"La parole politique ne doit pas être moralisatrice"

Avec la fin de l'état d'urgence sanitaire, Philippe Juvin, qui ne constate pas un total relâchement de Français et voit encore des gens avec des masques dans les transports, estime qu'"il faut faire confiance plus qu'imposer (aux Français)":

"A imposer trop de règles, les gens ne les respectent plus. C'est une des leçons du Covid, la parole publique doit être très prudente, humble et ne pas être moralisatrice. Quand elle est moralisatrice, les gens se braquent et ne respectent plus rien."

"Si ça remonte, il faudra que les politiques le disent clairement et ne cachent pas cela, car les Français sont fatigués pensent-ils. Les gens sont beaucoup plus adultes que les politiques le croient. Le masque, ils le remetteront quand ce sera nécessaire", juge le nouveau député.

Quel stock de vaccin contre la variole

Autre virus qui circule, celui de la variole du singe. Après l'annonce des deux premiers morts en Espagne du virus, l'objectif est la vaccination. Une question qui tarraude Philippe Juvin, notamment sur le stock de vaccins restants contre la variole, qui sert aussi contre la variole du singe:

"En 2006, il y avait 75 millions de doses prêtes à être utilisées. Combien en reste-t-il ? J'ai posé la question à la ministre de la Santé, elle ne m'a pas répondue. Et en lisant les journaux j'apprends que c'est classifié 'Secret Défense'. Je pense que c'est une aberration."

Un manque de dose pourrait compliquer la jugulation de l'épidémie: "Il faut vous vacciner si vous êtes un sujet contact. J'ai essayé de prendre un rendez-vous, pour voir le délais, et je n'en n'ai eu un que dans trois semaines. Or, il faut se vacciner dans les jours qui viennent", alerte Philippe Juvin.

Le député dénonce un manque de transparence: "il faut apprendre de nos erreurs du Covid. L'un des problèmes de la gestion du début (du Covid), c'est la question de la transparence. Quand vous dîtes les choses, les gens ont confiance."

"Si on nous refait le coût des masques, avec le vaccin, assurons-nous qu'on en a suffisamment. En 2006, quand on lit le plan de vaccination en cas de reprise de l'épidémie de variole en cas d'attaque terroriste, il est dit qu'il faudrait vacciner plusieurs millions de Français en trois jours. Avons-nous ces millions de doses en stock ? J'aimerais le savoir et en être certain", conclut Philippe Juvin.
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC