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Faut-il supprimer l'immunité parlementaire?

Invité dans Bourdin Direct ce jeudi, le député LR Thierry Solère s'est prononcé pour la suppression de l'immunité parlementaire. Une proposition à laquelle "ne s'opposera pas" le gouvernement, a affirmé son porte-parole Christophe Castaner.

> Oui, pour Aurore Bergé, député LREM des Yvelines.

"Je pense que l'immunité parlementaire pouvait avoir une légitimité au moment des débuts du Parlement parce qu'on avait des risques d'antiparlementarisme et il fallait protéger les parlementaires contre les attaques qui pouvaient venir de l'extérieur et les tentatives de déstabilisation.

Je pense qu'on est dans un temps politique qui est différent aujourd'hui et la question de la suppression de l'immunité parlementaire peut se poser. C'est de se dire: quand on est élu de la nation, on a une responsabilité qui est immense. On vote la loi, donc on ne peut pas nous-même nous en exonérer. C'est ce principe-là qui devrait prévaloir et qui est très simple. Donc ce débat est un débat intéressant et j'espère qu'on l'aura au sein de l'Assemblée nationale".

> Non, estime Laure de la Raudière, députée LR d'Eure-et-Loire.

"La supprimer totalement, c'est peut-être restreindre la liberté de parole et d'action du député. C'est uniquement une immunité qui permet de protéger le député dans le cadre de l'exercice de sa fonction même de député.

Par exemple, un député réalise une enquête et dans le cadre de cette enquête, pour obtenir de l'information, il va être amené à violer le respect de la propriété privée, il peut se prémunir de son immunité parlementaire en disant que c'était une enquête pour aller contrôler une entreprise privée ou une action particulière d'un groupe de lobbying. Donc on voit que l'immunité parlementaire peut être utile dans l'exercice de son mandat".

Jean-Baptiste Durand (avec P.B.)