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Inflation, pétrole russe... ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Le Maire

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, était face à Apolline de Malherbe ce vendredi sur RMC-BFMTV. Il a notamment évoqué les mesures du gouvernement pour protéger les Français face à l'inflation. Et a affirmé que le bouclier énergétique serait maintenu en cas de victoire d'Emmanuel Macron dimanche.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a répondu aux questions d'Apolline de Malherbe ce vendredi matin sur RMC et BFMTV. Il a notamment évoqué le chèque alimentaire que le gouvernement veut mettre en place pour les personnes qui sont le plus dans le besoin face à la hausse des prix.

Energie, alimentaire... comment protéger les Français de l'augmentation des prix?

"Nous avons protégé les Français sur les prix de l’énergie et nous maintiendrons ce bouclier énergétique. C’est ce qui fait que nous avons le niveau d’inflation le plus faible de tous les pays de la zone euro, Malte mis à part. En Allemagne, c’est plus de 7%, en Espagne, c’est 10%, aux Pays-Bas, c’est plus de 11%... Donc la France a protégé ses compatriotes contre l’augmentation des prix."

"Sur les prix alimentaires, nous voulons aussi une protection. Nous travaillons sur un chèque alimentaire qui sera mis en œuvre si les Français font confiance à Emmanuel Macron dimanche. Il doit être pour ceux qui en ont le plus besoin. C’est la différence entre les propositions de Marine Le Pen et les nôtres. Nous voulons cibler ceux qui en ont réellement besoin."

Faut-il s'habituer à une inflation pour forte qu'avant de manière durable?

"Il faut être lucide, on aura une inflation élevée en 2022. Elle restera élevée parce qu’il y a une crise sur l’énergie. 60% de cette inflation est tirée par les prix du pétrole, du gaz et de l’électricité. Je pense que d’ici 2023, on aura une inflation qui va progressivement baisser parce qu’on aura pu ajuster l’offre à la demande. Mais là où il faut aussi rester lucide, c’est que nous rentrons dans une aire d’inflation plus élevée que celle que nous avons connue. Avant, on avait une inflation qui tournait autour de 1%, je pense qu’on aura dans la décennie à venir une inflation plus élevée pour des raisons structurelles. D’abord à cause de la transition énergétique qui coûte cher. Et puis il y a relocalisation des chaînes de valeurs et ça coûte plus cher de produire en France qu’en Asie. Enfin, il n’y a plus de pays où le coût de la main d'œuvre est extrêmement bas avec une production massive par des salariés très peu payés."

Faut-il interdire l'importation de pétrole russe?

"Ce qui est aujourd’hui sur la table, c’est l’interdiction de l’importation de pétrole venu de Russie. Je rappelle que c’est la première source de devise pour la Russie. C’est 700 millions de dollars de ressources financières par jour pour les exportations de pétrole par la Russie. Donc si vous coupez les importations, vous faites très mal au pouvoir russe, ce qui est notre objectif. Ensuite, il faut arriver à rassembler les 27 États membres. Nous n’y sommes pas encore, il y a toujours des résistances, des inquiétudes qui sont légitimes. Mais c’est aujourd’hui sur la table. Pour moi, c’est plus une affaire de semaines qu’une affaire de mois."

Le salaire de 66 millions d'euros du patron de Stellantis, excessif?

“C’est une somme excessive. Si nous voulons reconstruire l’unité de la nation française, il faut que nous fassions des propositions européennes sur le sujet. La première chose, c’est la transparence sur les écarts salariaux dans les entreprises entre le salaire médian et le salaire du chef, du dirigeant. Il y a des valeurs d’égalité, d’équité et de décence. Et la transparence est une manière de garantir la décence."

Guillaume Descours