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L'ENA prochainement supprimée: "Comment le recrutement se fera demain pour la haute fonction publique?"

Emmanuel Macron doit annoncer la suppression de l'ENA selon les mesures qui ont fuité mardi. Une potentielle disparition qui pose question notamment chez les étudiants.

Les mesures que doit annoncer Emmanuel Macron aux Français ont fuité mardi. Parmi elles, la suppression de l’École nationale d’administration (ENA). Il souhaite ainsi favoriser une sélection des jeunes "en fonction uniquement de leur mérite et pas de leur origine sociale ou familiale". Une élite "à l'image de la société", selon le président.

Emmanuel Macron est pourtant lui-même un ancien élève de l’ENA, issu de la promotion Léopold Sédar Senghor. Avant lui, le Premier ministre Édouard Philippe, ou encore l’ancien président François Hollande, sont également passés par cet établissement prestigieux.

Dans un peu plus de quatre mois, Marc va passer les écrits du concours de l'ENA. Alors l'idée de supprimer l’institution l'inquiète beaucoup. 

"C’est vrai que maintenant, on est un peu dans l’expectative, mais si ça ne vraisemblablement pas concerner le concours de cette année. Mais ça pose la question pour l’année prochaine dans le cas d’un éventuel échec. Et puis surtout on se pose la question comment le recrutement se fera demain pour la haute fonction publique. C’est un peu surprenant puisque le Premier ministre, le président de la République viennent des grands corps", explique-t-il. 

L'ENA comme bouc émissaire?

Tous les énarques ne font pas de politique rappelle Marc. Mais il le concède, leurs avantages sont non négligeables. "Les conditions salariales à la sortie de l’école, la garantie de l’emploi à vie, la mobilité dans le privé qui est aussi permise", énumère-t-il. 

Mais qu'importe, pour Daniel Keller, président de l'association des anciens élèves de l'ENA, l'institution ne doit pas être le bouc émissaire de la crise politique actuelle.

"Pour servir l’État, on a besoin d’une déontologie spécifique, fondée sur la neutralité et surtout d’une haute fonction publique qui ne soit pas politisée. On a besoin d’une école porteuse de l’ambition méritocratique et républicaine qu’est la nôtre", affirme-t-il. 

D'après lui, l'ENA s'engage déjà sur le terrain de la mixité sociale près d'un tiers des nouvelles recrues cette année ont bénéficié d'une bourse dans leur parcours universitaire. 

Anaïs Bouitcha avec Guillaume Descours