RMC

"On marche sur la tête": la gauche et la majorité refusent de jouer au foot avec le RN

Les députés de gauche et de la majorité refusent de jouer au foot avec leurs collègues du Rassemblement national, à l'occasion d'un match caritatif opposant l'équipe de France des parlementaires à une sélection d'anciens footballeurs et d'artistes. Le député Renaissance Karl Olive témoigne de sa colère sur RMC.

Y'aura-t-il assez de joueurs ce mercredi soir sur la feuille de match? L'équipe de France des parlementaires doit affronter, une sélection d'anciens footballeurs et d'artistes, pour un match caritatif. Et pourtant, socialistes, insoumis et macronistes ne veulent pas jouer avec leurs collègues du RN, et appellent au boycott du match.

Les premiers à le faire savoir ont été les députés socialistes. Dans un communiqué, les élus se justifient, indiquant refuser "cette banalisation de l'extrême droite". Insoumis et écologistes leur emboîtent alors le pas, se disant "plus enclins à tacler l'extrême droite qu'à lui faire des passes". Un carton rouge, adressé au Rassemblement national, et à ses 4 joueurs de champ.

"Des années que le RN fait partie de l'équipe de rugby"

Dans la soirée, c'est au tour de la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée d'envoyer ses consignes : Aurore Bergé recommande aux députés de la majorité de ne pas participer à ce match, redoutant la photo d'équipe, bras dessus, bras dessous avec les députés frontistes.

La directive agace les députés issus des partis proches de la majorité présidentielle. Un participant gromelle: "Cela fait des années, que le RN fait partie de l'équipe de rugby, et personne n'a jamais rien trouvé à y redire".

Karl Olive: "Je ne réponds pas aux diktats de la France insoumise"

Karl Olive, député de la majorité et invité de RMC ce mercredi matin, a de son côté publiquement annoncé qu'il maintiendrait sa participation à ce match caritatif.

"Je ne réponds pas aux diktats de la France insoumise. On est dans une noble cause", justifie-t-il face au micro d'Apolline de Malherbe, qui n'est donc pas sur la même ligne qu'Aurore Bergé.

"C'est sa position personnelle. Dans notre mouvement, il nous arrive d'avoir des positions différentes. Je ne suis pas d'accord avec sa lecture", tranche-t-il, précisant qu'il n'avait "aucune sympathie" ni pour LFI, ni pour le RN, mais ils ont été élus démocratiquement.

"Le combat politique est dans l'hémicycle"

"Jamais je ne refuserai de serrer la main ou de pratiquer une activité caritative pour l’intérêt général, au prétexte d’idées politiques", plaide de son côté sur le plateau des "Grandes Gueules" le député Renaissance de l’Essonne Robin Reda.

"Le combat politique est dans l’hémicycle ou en commission. Là, nous devons être pied à pied pour défendre nos idées et nos valeurs et montrer en quoi le projet du Rassemblement national n’est pas le bon pour la France. Ça se fait avec des mots et pas en tapant avec un ballon sur un terrain de foot, c’est différent. Sinon, il faut supprimer cette tradition", ajoute l'élu.

Alexandre Sabatou, député RN de l'Oise, est également sur la feuille de match et ne comprend pas, que les autres députés boycottent ce match: "Je regrette que ces politiques n'arrivent pas à aller au delà des clivages. On a été élus démocratiquement. On représente le peuple français, et il serait temps qu'ils s'y fassent."

La rencontre doit normalement avoir lieu ce mercredi soir à 18 heures au stade Emile-Anthoine sous la Tour Eiffel à Paris et doit récolter des dons pour "lutter contre le harcèlement scolaire et le cyber-harcèlement". Tous les dons seront reversés à l'association e-Enfance qui gère le numéro 3018, pour les jeunes victimes de violences numériques.

La rédaction (avec Alfred Aurenche)