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Législatives 2017 – Des députés PS jettent l'éponge: "Je veux être libre de mes choix"

Un certain nombre de députés ne va pas se représenter aux élections législatives de 2017

Un certain nombre de députés ne va pas se représenter aux élections législatives de 2017 - AFP

TEMOIGNAGES - Les députés socialistes se retrouvent mardi pour un séminaire de rentrée en présence du Premier ministre. Si certains se disent "préoccupés" et craignent un climat "morose", à huit mois de la présidentielle, pour d'autres cette rentrée est encore plus compliquée: déçus par la fonction, ils envisagent de tout arrêter.

C'est la rentrée pour les députés socialistes. Réunis en séminaire avec le gouvernement ce mardi après-midi à l'Assemblée, ils aborderont trois thèmes: le bilan de ces quatre dernières années, la préparation de l'année qui vient ainsi que l'élection présidentielle. Un séminaire en présence de Manuel Valls que de nombreux députés vont sécher, trouvant "inutile" de se réunir de cette façon. Ils ont tous une bonne excuse: une conférence de presse, un déplacement en circonscription…

"Valls nous méprise et ne nous écoute pas"

"J'ai autre chose à faire que d'aller écouter Bruno Le Roux, Manuel Valls ou Stéphane Le Foll prêcher la bonne parole", raconte l'un des absents avant d'ajouter: "Valls nous méprise et ne nous écoute pas". Même son de cloche chez l'un de ses collègues. "A quoi sert ce genre de séminaire? A rien! On fait une thérapie de groupe qui ne débouche strictement sur rien". Un grand nombre de députés a encore la déchéance de nationalité, la loi Travail et l'utilisation du 49-3 en travers de la gorge. Parler au Premier ministre ne fait plus recette dans la majorité. Un député professe: "Vu le nombre de SMS que l'on reçoit, il n'y aura pas plus de 150 personnes. Les légitimistes purs et c'est tout".

Car, alors que va commencer la dernière session parlementaire du quinquennat, les divisions au sein du groupe socialiste sont de plus en plus éclatantes. Ainsi, sur 289 députés socialistes, au moins 70 ne rempileront pas l'année prochaine, d'après le chef de file des députés PS Bruno Le Roux. Tous ont déchanté pendant le quinquennat de François Hollande et se disent également déçus par la fonction. C'est le cas d'Arnaud Leroy, élu député des Français de l'étranger en 2012, il a décidé de raccrocher.

"Une mode"

"J'ai deux enfants en bas âge. J'ai envie de prendre soin de ma famille que je n'ai pas trop vu ces dernières années, justifie-t-il sur RMC. J'ai mis ma carrière entre parenthèses pour être député. Je n'étais pas un salarié de la politique donc il faut aussi 'assurer ses arrières'. Je pense aussi que c'est important pour la vie politique de faire des allers-retours pour reprendre un peu pied et repartir avec de nouvelles idées". "Ça ne veut pas dire que j'abandonne le combat politique mais je veux être libre de mes choix", explique-t-il encore.

Les raisons de raccrocher sont multiples: l'âge, la lassitude ou la crainte d'une défaite. Le député des Hauts-de-Seine, Alexis Bachelay hésite, lui aussi, à repartir en campagne. "Il y a des moments où on traverse des doutes. On se demande si ça vaut la peine de prendre autant de coups et d'être la cible permanente d'un certain nombre d'attaques, parfois extrêmement injustes et virulentes". Au PS, on minimise. En charge des investitures, Christophe Borgel refuse d'y voir un mouvement de fond: "On verra combien s'arrête. C'est une mode. Je n'ai pas d'exemple de parlementaires qui me disent 'Je m'arrête parce que je crains la défaite électorale'".

M.R avec Elisa Bertholomey