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Manifestation à Ajaccio: "Le suffrage des corses n'est pas pris en compte aujourd'hui"

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A l'appel des nationalistes corses, une manifestation est prévue ce samedi à Ajaccio, trois jours avant la visite d'Emmanuel Macron.

Les nationalistes du mouvement d'union Pè a Corsica ("Pour la Corse") ont appelé à une manifestation ce samedi, avant la visite d'Emmanuel Macron et d'une partie du gouvernement dans quelques jours. Ils entendent rappeler au gouvernement qu'ils ont gagné les élections territoriales de décembre dernier, et porter trois revendications: le rapprochement des "prisonniers politiques", la reconnaissance de la langue corse comme langue officielle, employée à parité avec le français et un statut d'autonomie doté d'un pouvoir fiscal.

"Il s’agit d’un déni de démocratie"

Jean-Guy Talamoni est le président de l'Assemblée de Corse. Grâce à cette manifestation il espère faire passer un message au gouvernement.

"Le mot d’ordre de la manifestation c’est la prise en compte du fait démocratique et du suffrage universel. Nous avons eu la nette impression que Paris ne prenait pas en compte ce fait et faisait comme s’il ne s’était rien passé. Il s’agit d’un déni de démocratie et nous avons donc demandé aux Corses de manifester dans la rue leur désapprobation face à la situation dans laquelle est la Corse puisque le suffrage des corses n’est pas pris en compte aujourd'hui".

"On ne peut pas prendre ce risque avant que le président de la République ne se soit prononcé"

Jean-Martin Mondoloni est le chef de file de la droite régionaliste, parti d'opposition arrivé en deuxième position aux élections territoriales. Contrairement au président de l'Assemblée, lui, ne manifestera pas.

"Lorsqu'on prétend faire descendre des milliers de personnes dans la rue, quels que soient les services de sécurité et quelle que soit la façon dont on borde en terme de sécurité ces mouvements de foule, il y a une part de risque. On ne peut pas prendre ce risque avant que le président de la République ne se soit prononcé. Qu’il y ait des réactions a posteriori, je peux le comprendre intellectuellement. C’est le principe de l’action et de la réaction. Mais qu’on manifeste le souhait de peser, comme si, le rapport de force de quelques milliers de personnes dans la rue allait être déterminant, ça me semble un, prématuré et deux, risqué".
Victor Joanin (Avec C.P.)