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Menacé de mort, ce maire depuis 37 ans décide de ne plus se représenter aux élections

Régis Vallienne, le maire de Pruillé-l'Éguillé dans la Sarthe ne briguera pas un dernier mandat après 37 ans à la tête de cette petite commune. Il a révélé avoir reçu des menaces de mort l'an dernier.

Après 37 ans à la mairie de Pruillé-l'Eguillé, Régis Vallienne jette l'éponge. Ce maire sarthois de 62 ans ne se représentera pas pour un dernier mandat. La raison? Des menaces de mort reçues l'an dernier.

"L'an dernier entre le 3 mai et le 16 juin, j'ai reçu trois lettres de menace de mort pour avoir défendu un dossier dans l'intérêt général sur l'entretien de routes forestières. Ça n'a pas plu à un de mes administrés", a-t-il raconté ce jeudi matin sur RMC.

"J'ai encore envie de vivre quelques années"

Après la mort de Jean-Mathieu Michel, le maire de Signes, Régis Vallienne a pris sa décision.

L'élu de 76 ans, décrit par ses administrés comme attachant et dévoué corps et âme à son village de 2.800 habitants, a trouvé la mort après avoir signifié à un contrevenant qui déposait illégalement des gravats dans la nature qu'il allait être verbalisé. Le maire a alors été renversé par ce dernier, accidentellement selon les premiers éléments de l'enquête. Le conducteur de la camionnette, un maçon de 23 ans, a été mis en examen pour "homicide involontaire" et placé sous contrôle judiciaire.

"Je ne veux pas faire subir à ma famille ce qu'a subi la famille du maire de Signes. C'était une personne dévouée à ses administrés. Ce genre de situation est lourde, je ne veux pas faire porter à ma famille et à moi-même ce risque. J'ai encore envie de vivre quelques années et de profiter de la retraite!"

Quelques instants plus tard, le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a annoncé jeudi la prise en charge par l'Etat de l'accompagnement psychologique des maires victimes d'agressions.

"La situation dans laquelle se trouvent les 600.000 élus locaux de ce pays et notamment les 35.000 maires de France me préoccupe beaucoup", a-t-il expliqué, reconnaissant qu'on "a parfois laissé tomber les élus dans le passé plus ou moins récent".

En 2018, il y a eu "361 faits" d'agressions de maires, dont "60% sont des injures ou des menaces, verbales ou sur les réseaux sociaux", a précisé le ministre. "Dans 40% des cas, nous sommes sur des agressions physiques", avec "souvent des maires qui sont sur le terrain et qui vont au contact d'une situation", a-t-il poursuivi, avant de promettre une réponse "ferme, exemplaire et sans complaisance" aux incivilités.

RMC vous propose d'écouter son témoignage ci-dessus.

Paulina Benavente