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"Nous réalisons à quel point la liberté d'expression doit être protégée": pourquoi la majorité veut réécrire l'article 24

Après dix jours de crise politique, des manifestations ce week-end et un savon d'Emmanuel Macron, la majorité a promis de réécrire l'article 24 de la loi sur la sécurité globale

L'exécutif recule sur le très controversé article 24. Après les images de policiers lynchés samedi place de la Bastille à Paris, et la vidéo du producteur de musique Michel Zecler, roué de coups par des forces de l'ordre, Emmanuel Macron a fait part de sa colère lors d'une réunion organisée à l'Elysée, hier matin. Dans la foulée, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale Christophe Castaner a annoncé une "réécriture complète" de l'article 24 de la proposition de loi sur la "sécurité globale".

L'ancien ministre de l'Intérieur a évoqué un problème de forme plutôt que de fond. Selon lui, réécrire l'article 24 était donc indispensable pour être mieux accepté: "Nous savons que des doutes persistent encore. Nous devons éteindre ces doutes. Ces derniers jours ont illustré à quel point la liberté d'expression doit être protégée, à quel point aussi nos forces de l'ordre doivent l'être", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.

"Nous sommes gouvernés par les pieds nickelés"

Mais le patron des députés marcheurs insiste, ce n'est ni un retrait ni une suspension de l'article 24. En tout cas, cette révision du texte est loin de satisfaire le député de La France Insoumise Adrien Quatennens: "On ne s'est pas compris. Si la majorité vise à simplement réécrire l'article 24, cela consisterait à dire que le problème est uniquement l'article 24 mais le problème c'est toute la loi sécurité globale".

Du côté du Rassemblement National aussi cette annonce de Christophe Castaner est très mal perçue. Pour le député du Nord Sébastien Chenu, la réécriture de l'article 24 représente un renoncement: "Nous sommes gouvernés par les pieds nickelés. À la moindre manifestation, à la moindre virgule mal placée, ce gouvernement recule". Constat sévère aussi chez Les Républicains: leur Président Christian Jacob déplore "un fiasco" autour de l'article 24.

Romain Cluzel (avec Guillaume Dussourt)