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"On ne peut pas rester socialiste et soutenir Macron" lance Gérard Filoche

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé jeudi qu’il soutiendrait Emmanuel Macron pour la présidentielle. Une décision que ne supporte pas Gérard Filoche, membre du Parti socialiste et invité dans Bourdin Direct.

Certaines annonces ont beaucoup de mal à être digérées. Après Barbara Pompili et Thierry Braillard, Jean-Yves Le Drian est le troisième membre du gouvernement à soutenir publiquement Emmanuel Macron. Un renfort de poids pour le candidat de En Marche, qui ne passe pas du tout après de certains membres du Parti socialiste. C’est le cas de Gérard Filoche, qui n’hésite pas à parler de trahison. 

"Le Drian est curieux, il avait critiqué violemment Macron. Il avait dit que le service militaire pendant un mois était coûteux et ne servait à rien et il rallie quand même Macron. Comment un ministre qui a été aussi longtemps à gauche, peut passer à droite? C’est une question choquante. On ne peut pas rester socialiste et soutenir Macron c’est impossible. Macron est celui qui est en train de détruire le plus la Sécurité sociale dans son programme. Macron est pire que Fillon dans l’attaque contre les cotisations".

Pour Gérard Filoche, le programme de Macron est aux antipodes des valeurs de la gauche. "C’est le plus grand hold-up que l’on peut faire contre le programme social de notre pays. Comment Le Drian et tous les autres peuvent-ils y aller? Même Jean-Christophe Cambadélis dit que Macron, c’est l’UDF. Au dernier bureau national, lundi, Bernard Cazeneuve était à deux mètres de moi et il disait ne pas être entre deux chaises, n’avoir qu’un seul candidat qui est Benoit Hamon. Il y avait sept ministres autour de la table dont Le Drian. Me voilà défenseur de Benoit Hamon contre les 5% de socialistes qui sont en train de passer à droite".

"Ce sont des gens qui trahissent"

"On ne dépasse pas les étiquettes. La gauche défend les salariés et la droite défend les privilégiés. On ne passe pas d’un camp à l’autre. Il y a 400 élus socialistes qui passent à droite sur 17 000, ça fait à peu près les 5% que Valls avait finalement en 2011 (à la primaire de la gauche). Ce sont ceux-là qui quittent la gauche et disent adieu au socialisme. Je le regrette, je n’aime pas quand des gens quittent le socialisme, je voudrais qu’ils restent avec nous. Mais il faut appeler un chat un chat, ce sont des gens qui trahissent".

Bourdin Direct avec A.B.