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"On ne va pas lui dérouler le tapis rouge": visite sous tension pour Emmanuel Macron dans l'ancienne usine Whirlpool d'Amiens

Le président de la République en visite à Amiens doit retourner sur le site après l'échec de la reprise de l'ancienne usine de sèche-linges.

Emmanuel Macron à Amiens, pour casser son image de président déconnecté. Dans la lignée de son discours devant le congrès des maires de France mardi, le chef de l'Etat entame un déplacement de deux jours à Amiens, dans la Somme, sa ville natale. Point d'orgue de cette visite présidentielle, une rencontre avec des anciens salariés et anciens syndicalistes de l'usine Whirlpool d'Amiens. Pendant la campagne présidentielle de 2017, le président avait médiatiquement affronté Marine Le Pen sur le parking de l'usine de sèche-linges, à l'époque menacée de délocalisation en Pologne. 

Deux ans plus tard, la délocalisation a bien eu lieu et le projet du repreneur "WN" a totalement échoué.

Derrière les vitres opaques, l’entrepôt est presque vide. Corinne, qui a passé 27 ans chez Whirlpool et un an chez le repreneur WN, n’avait plus mis les pieds sur le site depuis son licenciement en août dernier. 

"Moi, j’ai toujours été habituée à travailler, mes enfants m’ont toujours vu travailler et là d’un coup plus rien. On a une vague de licenciement donc oui il y a de quoi être en colère. On a passé la majeure partie de notre vie là-dedans donc ça fait mal au cœur", confie-t-elle. 

200 personnes au chômage 

Emmanuel Macron, candidat, avait promis un repreneur et des emplois, puis Emmanuel Macron, président, avait joué les garants. Mais la reprise a tourné au fiasco. Jusqu’à écœurer l’ancien délégué syndical, Frédéric Chanterelle. "Tout a été un échec. Actuellement, il y a 200 personnes qui sont sans travail. Pourquoi cette reprise n’a pas été regardée de plus près. On avait donné notre engagement, des emplois à la clef. Mais on n'a rien eu de tout ça", affirme-t-il. 

Pour la deuxième fois depuis son élection, Emmanuel Macron est donc attendu sur le site avec un objectif : installer d’autres entreprises. Mais les salariés n’y croient plus à l’image de l’ex leader de la CFDT, Patrice Sinocquet. 

"Je suis sûr que Monsieur Macron était au courant de comment ça allait se dérouler au bout de 12 mois. Donc, de comité d’accueil, il n’en aura pas. Ou ça va être un comité d’accueil rock-and-roll. On ne va pas lui dérouler le tapis rouge", indique-t-il. 

Les salariés redoutent ce qu’ils appellent une nouvelle mascarade et que le site soit vendu pour un euro symbolique. 

Paul Barcelonne avec Guillaume Descours