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Présidentielle: Eric Woerth soutient Emmanuel Macron, LR réclame son départ

Ancien ministre du Budget et du Travail sous Nicolas Sarkozy, Eric Woerth annonce son soutien à Emmanuel Macron dans une interview au Parisien. Christian Jacob, président de LR, lui demande de quitter le parti.

L'ancien ministre sarkozyste Eric Woerth (LR) a annoncé ce mercredi qu'il soutiendrait Emmanuel Macron plutôt que Valérie Pécresse pour la présidentielle, suscitant la fureur du président des Républicains Christian Jacob, qui a lui a aussitôt demandé de quitter le parti.

Dans une interview au Parisien, l'actuel président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale a estimé que l'actuel président, qui n'a pas encore déclaré sa candidature, est "le mieux à même de défendre l'intérêt de la France et des Français".

"J'ai du respect et de l'amitié pour Valérie Pécresse" et "ce n'est pas une question personnelle" mais "je n'adhère pas au discours de LR", qui décrit une France "nostalgique, recroquevillée sur elle-même", a ajouté l'ex-ministre.

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"Un parlementaire en fin de carrière" avec "des affaires judiciaires qui ont sans doute pesé" selon Christian Jacob

Le président de LR Christian Jacob a immédiatement demandé à Eric Woerth de quitter la présidence de la Commission des finances de l'assemblée. Il ne peut "en aucun cas" rester LR, a-t-il affirmé à l'AFP, en disant sa "déception" et ses "regrets".

"Il y a un minimum de dignité à avoir envers ceux qui ont toujours été à ses côtés", a affirmé Christian Jacob, selon qui "il faut relativiser: Eric Woerth est un parlementaire en fin de carrière". "Ses affaires judiciaires ont sans doute pesé" dans sa décision, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, Eric Woerth a dit se mettre "en congé de notre formation politique pour être en cohérence avec ma décision". Au Parisien, il a dit qu'il n'adhérait ni à LREM "ni à la majorité telle qu'elle est constituée aujourd'hui".

Cette décision, saluée par plusieurs ministres ex-LR comme Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, intervient alors que certains LR s'inquiètent d'un faux plat de Valérie Pécresse, qui marque le pas dans les sondages, et l'appellent à donner plus de chair à sa campagne.

Eric Woerth: "Un second mandat d'Emmanuel Macron serait une chance pour la France"

Eric Woerth a expliqué sa décision en affirmant qu'"on ne peut pas n'être obnubilé que par l'islamisme radical, même si c'est fondamental".

"C'est malheureusement ce qui ressort de (la) campagne" de Valérie Pécresse, a-t-il ajouté, déplorant "une forme de course-poursuite entre les candidats sur les sujets sécuritaires", qui sont "importants" mais "ne peuvent à eux seuls constituer un projet global".

"Je m'intéresse plus à la France de mes enfants qu'à celle de mon enfance", a ajouté Eric Woerth, en s'interrogeant: "où sont les perspectives?".

Par contraste, "un second mandat d'Emmanuel Macron serait une chance pour la France, comme ça aurait été le cas pour Nicolas Sarkozy", a-t-il affirmé, estimant que le chef de l'Etat "a montré qu'il savait gérer les crises les plus graves" à un moment où "nous avons besoin de réformes et de stabilité".

A l'Assemblée nationale, le député LFI Ugo Bernalicis a fait un rappel au règlement pour questionner le maintien d'Eric Woerth à la tête de la commission des Finances, qui revient selon les règles à un groupe d'opposition. "Monsieur le député, ce n'est pas ici et maintenant que cette question se réglera", a répondu la vice-présidente de l'Assemblée et responsable LR Annie Genevard, qui présidait la séance.

LP avec l'AFP