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L'opposition prête pour l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron: "On va pouvoir attaquer, ce sera une guerre éclair"

A J-60 du premier tour de la présidentielle le 10 avril, Emmanuel Macron n'est toujours pas officiellement candidat à sa succession. Les opposants oscillent entre inquiétude et impatience.

Emmanuel Macron ne serait plus très loin d’annoncer sa candidature à la présidentielle. "Il va falloir y songer à un moment": voilà ce que le président de la République confiait ironiquement dimanche dans son avion à des journalistes en Ukraine. Un indice de plus, après ceux distillés depuis quelques semaines, et la validation de ses 500 parrainages.

"On a semé plein de cailloux pour rendre évidente sa candidature", analyse un de ses stratèges. "Il y pense, et pas seulement en se rasant", ajoute un macroniste.

Mais attention, ne croyez pas qu’il va tout de suite passer la 5e. Une fois lancé, son idée, c’est d’y aller étape par étape. "Il ne devra pas tirer toutes ses cartouches d’un coup", conseille un proche. "Sinon, il n’aura très vite plus rien à dire". La gestion du tempo, la clé une fois de plus pour Emmanuel Macron, qui se veut toujours le "maître des horloges".

La droite est prête

En tout cas, Emmanuel Macron est attendu au tournant par la droite et l’extrême droite. Il y a même de l'impatience. "Dès qu’il sera en campagne, on va pouvoir attaquer, ce sera très court, une guerre éclair", prévoit l’entourage de Valérie Pécresse.

Les flèches sont prêtes à être tirées, notamment dans le camp d’Eric Zemmour. "Ils veulent ​ripoliner leur mandat en quelques semaines, sur la justice, la sécurité. Mais son bilan, ce n’est pas uniquement ses deux derniers mois", analyse un conseiller du polémiste.

Roussel: "On veut la réveiller la campagne, alors qu'il vienne"

Et à gauche, il y a une peur panique de ne tout simplement pas exister dans cette campagne. C’est la candidature du président qui pourra enfin peut-être déclencher le début de la campagne, voilà la prévision du communiste Fabien Roussel. Il persiste. Pour lui, Emmanuel Macron doit descendre dans l’arène.

"On avait une campagne sous Pfizer, on ne veut pas une campagne sous morphine. On veut la réveiller la campagne, alors qu'il vienne!"

Inquiétude partagée au PS. "Macron stérilise le débat. Si ça se trouve, il n’adressera pas la parole à Anne Hidalgo", craint un conseiller qui a peur de voir sa candidate disparaître.

Et on retrouve les mêmes appréhensions dans le camp de Yannick Jadot. "Emmanuel Macron fait croire qu’il n’y a pas d’élection, que c’est une simple formalité, une clause de revoyure où les Français seront vaguement appelés aux urnes." C’est dire la confiance de la gauche d’exister dans cette élection.

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Cyprien Pézeril (édité par J.A.)