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Qui sont les gagnants et les perdants du second tour des régionales? On fait le bilan

Qui sont les gagnants et les perdants du second tour des régionales? On fait le bilan

Qui sont les gagnants et les perdants du second tour des régionales? On fait le bilan - AFP

L'abstention premier parti de France, les présidents sortants confortés, la sortie de route du RN, le vieux monde qui fait la nique au nouveau et le front républicain, une rengaine qui marche toujours: on fait le point sur ces élections régionales.

Pas de surprises pour cette deuxième manche des élections régionales: l'abstention bat des records et une large prime a été donnée aux sortants notamment en Paca où Renaud Muselier conserve la région face au RN à l'issue d'un scrutin où le vieux monde a infligé un camouflet aux camps Le Pen et Macron.

Renaud Muselier

Il était donné perdant par les sondages, réputé handicapé par son alliance avec LREM sur fond de tripatouillage électoral et de psychodrame à droite. Renaud Muselier, 62 ans conserve pourtant avec 56,8% à 57,7% des voix, son fauteuil de président de Provence-Alpes-Côte d'Azur en battant son rival du RN Thierry Mariani, transfuge de la droite au parti de Marine Le Pen. Arrivé en seconde position à l'issue du premier tour, il a renversé la vapeur, bien aidé par le front républicain et les appels à le soutenir venus de la gauche. Celle-ci sera absente pour six années de plus au conseil régional.

Marine Le Pen

Jordan Bardella, numéro 2 du RN, voit dans le scrutin un "échec pour l'intégralité de la classe politique" en raison de l'abstention record. Il est cependant difficile de ne pas isoler les résultats du parti d'extrême droite qui réalise une sérieuse contre-performance quand les sondages l'annonçaient au coude au coude avec la droite et capable de décrocher une voire plusieurs régions. Après les municipales, le parti de Marine Le Pen recule à nouveau dans une élection locale. Au soir du second tour, le RN pèsera moins dans les exécutifs régionaux.

Les lieutenants du Rassemblement national, Sébastien Chenu, Jordan Bardella ou Andréa Kotarac, très médiatiques, réalisent des scores très médiocres. Une pierre dans le jardin de Marine Le Pen dont la ligne politique est contestée jusque dans ses propres rangs. Machoire serrée, elle a dénoncé, visant la situation en Paca, les "alliances contre-nature" et donne "rendez-vous aux Français" pour "construire l'alternance". Sa course vers l'Elysée ne démarre pas du bon pied.

Bertrand, Pécresse, Wauquiez

"Il y a un bon candidat pour l'ensemble de la droite" parmi les qualifiés du second tour, observait la semaine dernière un cacique de LR. Les nettes victoires de Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, Valérie Pécresse en Ile-de-France mais aussi Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes peuvent regonfler le moral de la droite mais aussi lui donner des migraines lorsqu'il faudra désigner son futur champion dans la course pour l'Elysée.

Les régionales n'ont pas été un juge de paix alors que Xavier Bertrand avait fait de sa réélection à l'hôtel de région de Lille un referendum pour sa candidature aux présidentielles. M. Bertrand, qui remporterait entre 52% et 53% des voix, s'est dit dimanche prêt à aller à "la rencontre de tous les Français". Pour Valérie Pécresse, une "équipe de France de la droite et du centre a émergé dans les régions" à la faveur du second tour des régionales. Elle a affirmé vouloir y prendre toute sa part.

Quant à Laurent Wauquiez, sa campagne marquée à droite s'est soldée par une victoire insolente avec au moins 55% des voix. Elle sonne comme la probable fin de sa traversée du désert entamée après son départ de la direction des LR en 2019, consécutif à la déroute des européennes.

Emmanuel Macron

Créé en 2016, le parti du chef de l'Etat n'arrive toujours pas à s'implanter dans les exécutifs locaux qui restent des citadelles de la gauche et de la droite. "Ces résultats sont une déception pour la majorité présidentielle", a reconnu le délégué général de LREM Stanislas Guerini. Après la déroute des municipales, les régionales ont confirmé cet échec.

Les listes LREM-Modem n'ont attiré qu'environ 7% des voix au niveau national, loin derrière LR, la gauche et les écologistes et le RN. En Ile-de-France Laurent Saint-Martin ne récolte qu'entre 10,5 et 9,5%, selon les estimations. En Centre-Val de Loire, le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau qui nourrissait de sérieuses ambitions n'arrive qu'en 3e position et en Bretagne, terre macroniste, Thierry Burlot est relégué en quatrième place.

La dynamique pour la présidentielle - l'adhésion à un homme ou une femme - est tout autre, jugent politologues et experts consultés par l'AFP, mais ces échecs font tache.

La rédaction de RMC (avec AFP)