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Réforme des retraites: pourquoi Emmanuel Macron veut aller vite (et le fait savoir)

Emmanuel Macron à Marcoussis le 8 septembre 2022

Emmanuel Macron à Marcoussis le 8 septembre 2022 - Michel Euler / POOL / AFP

Le président de la République Emmanuel Macron a lancé jeudi aux préfets qu'il compte faire passer la réforme des retraites "par la concertation sociale".

La réforme des retraites refait surface. Le serpent de mer d'Emmanuel Macron devient un sujet bouillant depuis la rentrée. Jeudi, face aux préfets, le président de la République a réaffirmé que le gouvernement allait mener cette réforme, réforme qui s'impose, selon lui, "par la concertation sociale et en cherchant les compromis".

Une réforme qui "s'impose dans (le) contexte" économique actuel", car, juge-t-il, il est nécessaire de "travailler plus longtemps dans une nation où on vit plus vieux et on rentre plus tard en moyenne dans la vie active".

"Le gouvernement la conduira par la concertation sociale et en cherchant les compromis, mais avec un objectif qui est de rééquilibrer les comptes de notre système de retraite mais aussi de créer plus de richesses pour pouvoir financer notre modèle social", a-t-il ajouté.

Le Président semble vouloir aller vite pour la mettre en oeuvre, d'autant qu'il est poussé par certains députés de la majorité. Emmanuel Macron veut donc accélérer et le fait savoir. "Si vous pensez qu'on est capables de faire mieux dans quelques mois, prouvez le moi !" Voilà des propos rapportés d'Emmanuel Macron, jeudi, face à quelques députés de la majorité.

"Si on veut que la réforme soit mise en place pour l'été 2023, on est dans les délais"

Si la méthode pour y arriver n'est pas encore tranchée, une option reste sur la table: faire passer la réforme par amendement dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale.

Le texte doit être examiné dès le mois prochain à l'Assemblée nationale. Une fenêtre de tir idéale pour une partie des députés macronistes et surtout la rapporteuse du texte. Selon Stéphanie Rist: "Si on veut que la réforme soit mise en place pour l'été 2023, on est dans les délais".

Une méthode qui ne fait pas consensus au sein de la majorité, parce qu'elle implique peut-être un passage en force, un recours au 49-3. "On va tout faire pour l'éviter", mais ca va etre compliqué", glisse un député fataliste".

Hélène Terzian (édité par J.A.)