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Régularisation temporaire de sans-papiers: qu'en pensent les principaux concernés?

Vers une immigration "choisie"? Le gouvernement, dans son projet de loi sur l'immigration, compte régulariser des sans-papiers dans certains secteurs qui manquent de bras.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi vouloir un assouplissement pour les régularisations des travailleurs sans-papiers dans les secteurs en pénurie de main d'oeuvre, comme la restauration par exemple. Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle pour les principaux concernés?

La perspective d'être régularisé, même infime, c'est forcément "un soulagement" pour Sidi*, comme nous l'explique ce Sénégalais de 35 ans, qui travaille dans la restauration rapide.

Etant sans papiers, il n'a ni logement à son nom, ni compte bancaire. Cela lui pèse. Il espère donc plus de garanties de la part du gouvernement.

"Le projet de loi devrait être transparent et lisible. Le gouvernement peut utiliser la carotte comme il peut utiliser le bâton. On est assoiffés d'être libérés de cet emprisonnement", lance-t-il.

"Quand j'ai demandé les papiers pour la régularisation, j'ai été licenciée"

Chantal*, quant à elle, est arrivée en Europe en 2011 pour fuir la guerre en Côte d'Ivoire. Par deux fois, cette aide-soignante a demandé à ses employeurs un certificat de travail pour régulariser sa situation, ce qui lui a porté préjudice.

"Quand j'ai demandé les papiers pour la régularisation, j'ai été licenciée. Mon employeur l'avait fait pour une autre personne et avait eu une amende de 900 euros. Donc elle ne le pouvait pas."

A l'avenir ce devrait être simplifié. Et pour sa prochaine demande, elle ne devrait plus avoir à passer par l'employeur, comme le prévoit le gouvernement, d'autant qu'elle travaille dans un secteur en tension.

En revanche, Gérald Darmanin compte rendre plus efficaces les obligations de quitter le territoire (OQTF), délivrées par les préfectures aux étrangers en situation irrégulière, et propose d'inscrire au fichier des personnes recherchées (FPR) les clandestins sous le coup d'une OQTF pour pouvoir constater que la personne repart.

*Les prénoms ont été modifiés

Amandine Réaux (édité par J.A.)