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Retraites: comment LFI tente de remettre Rachel Keke sur le devant de la scène politique

La France insoumise compte remettre la députée Rachel Keke sur le devant de la scène dans la lutte contre la réforme des retraites.

Rachel Keke, avant d’être députée Nupes-LFI, était femme de chambre et connue pour avoir mené une grève de 22 mois dans l’hotel où elle travaillait. Maintenant à l'Assemblée, elle vient d’être nommée par son groupe cheffe de file sur les retraites, aux côtés notamment de poids lourds comme François Ruffin et Mathilde Panot.

Concrètrement, plus que les autres élus insoumis, elle va être amenée à ferrailler contre le gouvernement dans l’hémicycle, mais aussi dans la rue et dans la presse. Alors en attendant, elle s’y prépare, avec plus de trois heures de réunion ce mardi sur le sujet, par exemple pour travailler sur des amendements.

Elle s’occupera notamment des questions de pénibilité: "Elle sait ce que c’est que d'être une femme de chambre qui se casse le dos à 64 ans. Elle parle avec ses tripes", loue par exemple une dirigeante insoumise. "Personne n'est aussi concernée qu'elle sur le sujet", défend un autre.

"Elle n’est pas dans la vie du mouvement, personne n’est vraiment proche d’elle"

Une responsabilité nouvelle pour Rachel Keke et une manière pour elle de prendre la lumière. C'est l'espoir que formulent certains de ses collègues. Des insoumis qui l'ont trouvé trop en retrait depuis qu'elle siège à l'Assemblée.

Pourtant, pendant la campagne des législatives, son profil singulier en politique était particulièrement mis en avant, comme le symbole d’une meilleure représentativité des parlementaires.

Mais depuis, quelques rares prises de parole dans l'Hémicycle, et une polémique sur une visite à un détenu radicalisé. Rien de très concret.

Alors même si elle est appréciée, une députée insoumise reconnaît: "Elle n’est pas dans la vie du mouvement, personne n’est vraiment proche d’elle". Un socialiste y voit surtout la responsabilité des dirigeants insoumis et une forme "d'instrumentalisation". "Ils ne l’utilisent que lorsqu’ils ont besoin d’elle. Comme un symbole et rien de plus", tacle-t-il.

"Ils la laissent se débrouiller sans vraiment l’entourer"

Pas simple de s’adapter aux codes de la vie politique et de l’Assemblée. "Il faut à Rachel Keke plus de temps que les autres pour s’y faire", reconnaît volontiers un cadre LFI, parce qu'elle n'était pas familière de ce de monde-là, des dorures de l'Assemblée qui impressionnent, mais aussi toute la technique du travail législatif à apprendre au fur et à mesure.

"Ils la laissent se débrouiller sans vraiment l’entourer. Forcément, par rapport aux attentes qu’on avait aux législatives, c’est la déception", lance un député Nupes. Constat partagé par quelques insoumis. Certains militent pour une meilleure formation et un meilleur accompagnement des nouveaux élus, éloignés initialement de la politique.

Cyprien Pézeril (édité par J.A.)