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"Revenir aux urnes peut être un chemin": Borne évoque une dissolution de l'Assemblée nationale.

Lors de son déplacement au Portugal, ce samedi, Elisabeth Borne a remis sur la table la possibilité de dissoudre l'Assemblée nationale. Un coup de pression de l'exécutif sur les oppositions, un mois seulement après celui d'Emmanuel Macron.

Un coup de pression sur les oppositions. Pour son premier déplacement à l'étranger en tant que Première Ministre, au Portugal, Elisabeth Borne a évoqué à son tour la menace d'une dissolution de l'Assemblée nationale. Dans une interview accordée au journal portugais "Publico", la Première ministre a expliqué que "revenir aux urnes peut être un chemin" si "une alliance pour faire tomber le gouvernement (se forme) de la part de groupes qui ne peuvent pas gouverner ensemble". C'est-à-dire en cas de vote d'une motion de censure par LR, le RN et la Nupes.

Elisabeth Borne reproche notamment à l'alliance de la gauche de s'être réjouie du soutien du RN pour tenter de renverser le gouvernement. Elle évoque une alliance "choquante": "Certains sont prêts à tout pour faire tomber le gouvernement y compris à abandonner leurs valeurs."

Cette déclaration de la Première ministre vient après deux semaines de fortes tensions et de difficultés à l'Assemblée nationale, où son gouvernement ne dispose que d'une majorité relative. Une situation qui l'oblige à multiplier les recours à l'article 49-3 de la Constitution qui permet d'adopter un texte sans vote, mais qui autorise les oppositions à déposer des motions de censure, déjà enclenché à trois reprises par le gouvernement, sur les votes budgétaires 2023 et de la Sécurité sociale.

Pas le scénario favori de l'exécutif

Un nouveau coup de pression, un mois après celui du président. Fin septembre, pendant un dîner à l’Elysée, sur le dossier de la réforme des retraites, texte qui suscite de nombreuses oppositions, Emmanuel Macron avait prévenu que "si c’est la chienlit, tout le monde repart en campagne."

Pour autant malgré les apparences, la dissolution n'est pas l'option favorite du couple exécutif. Preuve en est, mercredi dernier Emmanuel Macron proposait une alliance aux députés Les Républicains, manière ainsi de former la majorité absolue qui lui manque.

"Le président n'a aucun intérêt à dissoudre" analyse un stratège macroniste, "parce que rien ne lui assure d'obtenir plus de députés Renaissance qu'il n'en a aujourd'hui."

En effet, l’arme de la dissolution est à double tranchant et utilisée au mauvais moment, à mauvais escient, elle peut être fatale. En 1997, Jacques Chirac avait dissout l'Assemblée nationale. De 242 députés RPR lors de la législature précédente, le RPR n'en avait plus que 140 après les élections législatives de juin 1997. Une dissolution, synonyme ici de cohabitation avec la "gauche plurielle".

Cyprien Pézéril et Margaux Bourdin avec Maxime Martinez